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Re: De Dun à Trinity 1 : l'escorte

le Mar 7 Nov - 11:01


-Au moins c’est bien cuit.

Je mordais à pleine dent dans une aile de raie plus grosse que ma tête. L’elfe eut un gloussement satisfait de voir que j’étais bien plus aimable maintenant que je pouvais me remplir la panse. La satisfaction de manger ce que je chassais moi-même redoublait mon appétit. Je le soupçonnais de me surveiller jusqu’à comprendre qu’il tendait l’oreille tout en me regardant. Mon humeur s’assombrie légèrement.
Il approcha, s’agenouilla et m’obligea à partager mon dîner.

-Les marchands sont exécrables avec l’équipe quant à Richye, il semble réussir à se mettre quelques commerçants dans la poche mais c’est trop peu en comparaison de l’ampleur du convoi.

Je hochais du menton. Il aurait voulu ajouter que nous n’étions pas préparés pour protéger une caravane de cette taille et il avait raison. C’était pourtant inutile. Il s’installa confortablement pour manger quand je lui remis mon assiette à moitié pleine.
Malin comme un singe, il venait de se trouver un diner cuit et comestible sans avoir à fournir le moindre effort sinon quelques tirs de fusils une heure plus tôt.

Ayr se joignit à nous, il me questionna sur les éléments comestibles de la région et j’avais le regard perdu vers les caravanes arrêtées pêle-mêle.

-Nous sommes encore dans le désert, ici il n’y a rien pour survivre à moins que tu ne manges le serpent.

Je me levais brusquement. Excédé.

Allant voir Richye, je l’invitais à reculer vers notre groupe. Face aux marchands opportunistes et au milieu de cette halte désorganisée, j’allais me faire un plaisir de remettre les choses en ordre. L’elfe se leva à son tour, il n’était pas convaincu que ma méthode soit meilleure que celle de Richye, mais une petite voix l’avait déjà convaincu qu’il n’y avait pas beaucoup d’autres solutions. Nous étions quatre pour protéger une foule dense et indisciplinée, c’était impossible en l’état.

Sans difficulté je me hissais au sommet d’un véhicule, ignorant les protestations des propriétaires. Je leur jetais un regard sombre, lumineux dans la nuit car Crépuscule faisait son office. Je les voyais tous, mouvant autour de leurs petites propriétés, se détestant les uns les autres par peur de se laisser avoir par un concurrent. Petit lopin de désert pour chacun et pour tous. Ils ne voulaient pas s’éloigner de peur de se faire surprendre par un autre troupeau de raies et refusaient de se coller aux autres de peur de perdre une partie de leurs bénéfices.

Rockstar fit porter ma voix bien au-delà du convoi.

-Je suis Wergeld Ulsarys, Maitre du Miroir K’ouen. Je vous ai observé aujourd’hui traiter mon équipe pire encore que vos animaux. Je n’en supporterai pas d’avantage. A partir de maintenant ce sont mes règles qui feront ce convoi et mes ordres qui vous feront lever le matin. Puisque vous ne comprenez pas que nous sommes là pour vous escorter durant votre voyage vers Trinity, il est temps que vous appreniez la leçon autrement. A partir de maintenant, je vais vous donner vos positions. Dérogez d’un millimètre à mes ordres et en cas d’attaque, vous ne serez pas sur ma liste de ceux à qui je sauverai la peau. Le Capitaine des Milices de K’ouen a ordre de tirer sur le premier qui osera contredire les ordres. Je vous déconseille de tenter l’expérience, c’est un excellent tireur.

Sourire.
Des murmures s’élevèrent dans le camp. Pour mieux appuyer mes propos, l’elfe s’était glissé en périphérie de mon champ de vision, au-dessus d’une caravane. Spn fusil d’Arcturus à l’épaule, il observa les marchands dans la lunette de visée.

-Vous allez repositionner vos véhicules comme je vous le dirais dès demain. Je ne répéterai jamais mes ordres. Désobéissez et mourrez, je ne m’occuperais plus de vous. Suis-je clair à ce propos ?

Et déjà le convoi se doutait de ce qui arriverait : les animaux seraient au centre d’une formation rectangulaire. Les véhicules tout autour, avançant si proches que dès le lendemain matin nous pourrions faire le tour du convoi en mouvement rien qu’en nous baladant sur les toiles des chariots. Par précaution, les marchands anticiperaient. Ils positionneraient les marchandises fragiles vers les coins des véhicules, car il était plus probable qu’en cas de chute nous finissions notre course au beau milieu des sacs de denrées. Les animaux seraient surchargés mais c’était toujours moins pire que ce convoi interminable dans le désert qui avançait au pas.

-Puisque vous saviez que nous serions présents, c’est à vous de vous assurer qu’on ne manque de rien. Je tuerai le premier qui boit à son outre alors que l’un des miens meure de soif. Je découperai le prochain qui se nourrit avant d’avoir nourrit mon équipe d’abord. Si vous voulez vivre, vous allez devoir faire une place de choix à vos gardiens ou je me charge de dépecer ce convoi moi-même !

Quelques instants plus tard, le marchand qui s’était amusé sur le dos d’Ayren apporta des légumes jusqu’à notre feu de camps ainsi qu’une outre pleine d’eau. Il n’était pas très heureux de se retrouver dans cette position, mais il le savait bien avant le départ. Tous les marchands réunis dans ce convoi le savaient. L’équipe de protection serait dépendante des marchands pour boire et manger, tous avaient prévus des rations pour nous. Le fait qu’ils essayent de les économiser était à la fois mesquin et normal pour ces gens en difficulté. Or, ils ne pouvaient pas se permettre de repousser encore le voyager vers Trinity. Et nous le savions tous.

-Maintenant que les choses sont claires. En cas de problème, de question ou bien si vous vous décidiez à agir comme des entre-mondiens qui se respectent, c’est à moi que devrez parler.

Je sautais à bas du véhicule suivi de peu par Ayame. L’elfe m’approcha, un sourire serein illuminait ses traits.

-Tu aurais pu éviter de les menacer de les découper.
-ça me démangeait.
-J’ai prévu une batterie pour mon fusil, dit-il distraitement, mais il n’aura pas assez d’énergie pour paralyser tout le monde pendant une semaine…
-Je ne m’inquiète pas, tu es malin tu trouveras un autre moyen de me faire respecter mes menaces.

Nous échangeâmes un sourire complice. Il me frappa alors que l’elfe avait gagné en malice depuis qu’il me connaissait. Je le trouvais de plus en plus détendu lorsque nous partions en chasse, comme s’il n’était plus inquiet ni pour ma survie ni pour la sienne. Jamais je ne le lui avouerai, même sous la torture, mais c’était le plus cadeau qu’il me fit.

De retour à notre feu de camp, je désignais Richye pour la première moitié avec moi. Mon compagnon elfique dormirait durant ce temps-là. Je proposais mon propre coussin de repos rapide à Ayren, tous les deux auront droit à la deuxième moitié de garde.

-Nous partirons très tôt, avant le lever du soleil pour profiter de la fraicheur. A midi nous serons dans les territoires de la savane. Nous dormirons à nouveau aux heures les plus chaudes et le convoi repartira en début de soirée. Si cette organisation vous convient… Richye, sur les toits avec moi.

Les caravanes mal organisées offraient ce soir une proie facile. J’espérais corriger ça dès le lendemain, d’ici là, nous avions un véhicule de disponible pour deux au centre de la halte.
Wergeld
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Re: De Dun à Trinity 1 : l'escorte

le Lun 13 Nov - 22:08


La négociation fut vite interrompue par Wergeld qui me fit venir à ses côtés, ignorant alors ce qu'il se tramait. Il se mit à incendier vertement les marchands du convoi, outré par la fait qu'ils se sont joués de nous dès le départ.

Il y eut certes une vague de protestation, mais elle fut vite endiguée. Sûrement le fait de se voir menacé d'être laissé de côte en situation dangereuse qui leur a mis un peu de plomb dans la cervelle. Et des marchands nous amenaient même des provisions, agrémentant le repas de la soi-raie....

Après ça venait la nuit, et les rondes. Avec Wergeld nous prenions le premier tour. La nuit défilait doucement, et pas de menace à l'horizon jusqu'à présent. J'en profitais pour chuchoter à Wergeld :

- Dis donc, tu y as été un peu fort quand même... Mais au moins c'est efficace.

Les dunes dormaient, le vent était leur ronflement. Le désert eu un début de nuit des plus calmes. En même temps, après les raies du désert, ce n'était pas plus mal. J'étais un peu fourbu.




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Re: De Dun à Trinity 1 : l'escorte

le Ven 17 Nov - 21:41


Le discours de Wergeld me laissa pantois. L'effet de surprise passé, j'observais cet homme d'un nouvel oeil. J'en avais presque oublié que Wergeld était Maitre d'un Miroir, ce soir il venait de me rappeler à l'ordre. Une pointe d'admiration naquit à son égard, mais je n'en laisserais rien paraître.

Grâce à lui, je pus manger à ma faim le soir même, et je n'aurais plus à me soucier de mon alimentation particulière pour les prochains jours. Je remerciais le marchand, mieux valait enterrer la hache de guerre pour espérer une meilleure entente pour la suite de la mission.

Je remerciais également notre chef officiel d'un hochement de tête. Si Wergeld prenait soin de nous c'est que nous étions son équipe, et ce mot n'était pas un souffle qui s'évaporerait dans le vent. Ensemble.

J'acceptais le coussin de repos de Wergeld avec plaisir, et je partis m'installer vers les caravanes les plus éloignées. Sait-on jamais, peut-être pouvais-je être utile dans ce coin. Avec peu d'entrain une marchande me proposa une couche, je la remerciais d'un sourire avant de m'allonger à la belle étoile. Le regard perdu dans ce ciel découvert mon esprit repensa à ces derniers jours.

Je m'endormis sans m'en rendre compte, le visage fermé. Je n'entendis pas non plus Ayame arriver lorsqu'il me réveilla pour notre tour de garde.
- Efficace ce coussin, soufflai-je en me relevant.

Nous retrouvâmes Richye et Wergeld, je rendis son coussin à son propriétaire.
- Ça bouge ? demandais-je doucement. Et merci Wergeld, je me suis bien reposé.

Nous reprîmes le flambeau Ayame et moi, après que nos coéquipiers ce soit trouvé couchette, je regardais l'horizon, essayant de deviner ce que dissimulait les ombres. Sans jetais un regard pour mon équipier de nuit je lui demandais, avec un peu d'indiscrétion :
- Qu'est-il arrivé à votre oeil ? Je me rendis compte de la brusquerie avec laquelle je m’immisçais dans sa vie privé, et devant un silence songeur je préférais enchapiner avec une autre question, peut-être moins intimiste.
- Comment vous-êtes vous rencontré Wergeld et vous ? Lorsque l'on vous voit, tout vous oppose, et pourtant on sent une complicité sans faille entre vous.

Ayame commença sa réponse par un doux sourire, et sans rentrer dans les détails, m'expliqua succinctement sa rencontre avec l'héritier du miroir de K'ouen. Nous discutâmes une partie de notre garde, de sujets plutôt légers. Je sentais que derrière son doux sourire et son cache œil se cachait un passé plus ou moins douloureux. Mais ce que je retins avant tout de cet homme est l'apaisement qu'il dégage lorsque l'on se trouvait à sa proximité. Je comprenais pourquoi Wergeld restait avec lui. A moins que ce ne soit l'inverse, Ayame qui restait avec le Maitre du miroir, calmant ses ardeurs en plus de veiller sur lui.

Le désert se réveilla bien avant le soleil, quelques bêtes commencèrent leur chasse quotidienne, je les observaient jusqu'à ce que mes yeux ne les distinguent plus. Lorsqu'une étrange créature nous fixa, je donnais un léger coup de coude à l'elfe pour qu'il prêta attention à la bête. Une sorte de fennec à queue de coq.
- Tu vois ce que je vois ? On dirait un croisement entre un canidé et une volaille ... Quel étrangeté ! Les yeux d'Ayame se plissèrent, l'animal ne nous fixait pas. Il le fixait à lui. Il bascula alors la tête en arrière et un chant de coq sortit de sa gueule. Un chant bien strident qui finit par réveiller le convoi dans un grognement de mécontentement.

Je descendis de mon perchoir pour faire fuir la bête qui me grogna dessus à mon approche.
- Es-tu un fennec ou un coq ?! lui chuchotai-je. Pour seule réponse l'animal déguerpit. Quelques marchands se levèrent, je leur fis signe qu'ils pouvaient se recoucher, mais le mal était fait, le réveil chantant du fennoq avait eu raison du marchand de sable. Et pourtant, ce n'est pas ce qui manquait du sable ici.

Avec l'autorisation d'Ayame je décidais de raviver le feu de camp pour ceux dont Sommeil avait quitté les rêves et qui souhaitaient se réchauffer en cette fraîche fin de nuit.
Ayren
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