Page 1 sur 2 1, 2  Suivant

Une supplique tardive

le Lun 5 Juin - 18:25


La nuit était tombée depuis plus de trois heures et les lueurs des étoiles, bien que diminuées par la luminosité des quartiers proches de Cerclon et de Tern, luisaient dans le ciel d'Entre-Monde, formant la multitude de constellation qui créaient le spectacle dont profitaient les habitants par ce temps clair.
La plupart de ceux-ci dormaient, une autre partie avaient le nez en l'air et une autre partie travaillaient dur pour garder Northrive propre, vivable et accueillante.

Sauf une.

Manaë était en sueur, son corps la brûlait. Son visage était pâle et ses yeux creusés par la fatigue étaient embués de larmes de fatigue, de colère et de douleur. Elle trébuchait souvent, retenant un sanglot ou un cri de pure panique, et seule sa cape sombre et l'heure tardive lui donnait un très relatif anonymat.

Jamais elle n'avait autant repoussé la date butoir de sa prise mensuelle de son poison et remède. Et même après ça, elle avait continué de se plonger dans le travail, pour éviter de sentir les affres du manque.
Mais depuis une semaine, elle tremblait. D'abord de façon infime, puis suffisement pour qu'elle ne soit plus capable de tenir une aiguille. Depuis une semaine son humeur était en dent de scie, sans véritable étape de calme. Elle avait failli hurler de rage sur une patiente un peu longue à comprendre, et manquer de fondre en larmes au beau milieu de la cafétéria en pleine discussion avec ses collègues de travail. Elle ne devait la survie de son secret qu'à des douches froides et une prise d'anti-dépresseurs dépassant largement la dose prescrite.

La crise de démence avait été l'élément déclencheur. Reprendre conscience de son environnement dans la cuisine, un couteau à la main et un oreiller déchiré l'avait finalement convaincue qu'il était plus que temps de céder.
Elle avait enfilé une cape et était sortie en pleine nuit, priant pour que sa fille ne se réveille pas alors que sa mère était absente.

Elle s'écroula dans l'avenue faiblement éclairée, en pleurs et éreintée. La tour n'était plus qu'à dix mètres mais cela lui semblait être l'autre bout du monde. Sa vision se troubla et elle eut un haut-le-coeur.
Piochant dans toute sa volonté, et dirigeant ses pensées vers Solana, elle trouva la force de se relever et parcourut le reste de la rue en s'appuyant contre les murs, une main devant la bouche pour retenir la soir qui commençait déjà à d'emmagasiner le long de son palais, accentuant des nausées.

Faisant fi de toute politesse et de bienséance vis à vis de l'heure, elle s'effondra contre la porte de bois de la Tour d'Elantra et tambourin avec l'épais anneau de fer.

° Ouvrez ! Par les Huits, je vous en supplie, ouvrez la porte !

Elle ne pu se retenir plus longtemps et plia sous la douleur qui enserrait sa poitrine. Elle étouffait de chaleur malgré la douce fraîcheur de la nuit. Elle frappa encore une fois, faiblement, alors que sa voix était brisée par la fatigue et la peine.

°Pitié... Ouvrez cette porte...

Spoiler:
Reprendre le RP et se rendre compte que son personnage dépendant à une antitoxine n'a plus une seule dose de ladite antitoxine...
Manaë
avatar

Féminin Suivi : ,

Race : Araignée géante sous forme humaine
Statut : Urgentiste au Santuaire
Pims : 143
Notes : Dépendance au Feu Distillé

Seringues en réserve : 0
Messages : 94

Re: Une supplique tardive

le Lun 5 Juin - 22:50


La nuit avançait paisiblement sur Northrive, et je profitais d'une calme soirée pour me plonger dans des notes de recherches (que j'ai d'ailleurs dû perdre un temps fou à trier), avec une bonne tasse de thé.

Ma lecture fût brusquement interrompue lorsque j'entendis des bruits sourds venant de ma porte. Qui diable pouvait frapper à ma porte à cette heure ? Je descendis les marches quatre à quatre, manquant de chuter (ce qui aurait été terrible, car mon épaule se remettait à peine de ma luxation). Je franchis le vestibule et ouvre la porte.

Je tombe nez à nez avec une personne dissimulée sous une cape, mais visiblement elle tremblait comme une feuille. En prêtant attention, je vis que c'était une jeune femme, prise de sueurs et apparemment fiévreuse.

- Mademoiselle, vous allez bien ?

La question était plus rhétorique qu'une vraie demande, car son état était très visiblement critique.
Je lui proposais alors de venir se poser dans un des fauteuils du salon pour qu'elle puisse se reposer, en l'aidant au possible pour se mouvoir.




- Le gras, c'est la vie -Proverbe gallois
- Huit, ça suffit - Proverbe nain
- Si c'est bon, bah reprends-en - Proverbe à ma sauce Smile
Richye Erelm
Alchimiste
avatar

Avatar © : Christelle Ponche

Masculin Suivi : Description
Fiche de suivi

Titre : Artisan, Perçant, Curo, Sarkina, Incontrôlable

Race : Humain
Statut : Alchimiste de l'Entre-Monde
Pims : 313
Messages : 238
Titre débile : Le pourfendeur de chauve-souris

Re: Une supplique tardive

le Mar 6 Juin - 16:08


La porte s’ouvrit alors que la jeune Li retenait un cri de douleur qu’elle étouffait en se mordant la main, mais ne pouvait pas retenir un gémissement paniqué. Et lorsqu'elle reprit appui, de la fine soie brillante reliait le dos de sa main tremblant à ses lèvres sèches. Couverte de honte et le secret de sa véritable nature mis à mal, elle n’arriva pas à retenir ses larmes de désespoir, de rage contre elle-même, mais aussi de soulagement. L’alchimiste était présent et lui ouvrait la Tour.

Toutefois, Manaë se figea, toutes ses émotions et ses souffrances mises de côté par con esprit embrouillé et perdu, l’espace d’un court instant.
L’alchimiste debout devant-elle avec un air inquiet n’était absolument pas le vieil homme qu’elle avait eu l'habitude de voir pendant les 2 dernières années. Ce même vieil homme qui faisait partie des trois seuls personnes qui connaissaient son secret : Son “oncle” Bohan qui l’avait recueillie et instruite, sa soeur de nid Namtaru qui était restée près de Bohan pour servir d’intermédiaire entre le Nid et le petit monde de Manaë, et l’Alchimiste qui depuis son arrivée à la capitale lui vendait régulièrement des seringues de Feu Distillé sans poser de questions.
Un nouvel Alchimiste changeait beaucoup de choses. Il fallait déjà réussir à le convaincre de vendre des doses de seringue sans poser trop de question, mais aussi camoufler son état le mieux possible, ce qui s’averrait impossible dans l’immédiat.

Puis, la douleur reflua de plus belle, et elle gémit, son visage presque spectral envahi de tremblement nerveux. Elle saisit le jeune homme par le devant des habits sans prendre compte de ses demandes et de ses propositions, sa voix précédemment éraillée par les sanglots et la panique retrouvant soudain une force et une avidité sans bornes.

° Du Feu Distillé !! Sur tout ce que vous avez de plus sacré, je vous en conjure, vendez-m’en une dose ! J’ai- J’ai de l’argent ! Regardez !

Elle fouilla de sa main poisseuse ses poches à la recherche de sa carte PIM et la plaqua contre le torse de l’Alcchimiste.

° J’ai assez ! Juste une seringue et je pars ! Je vous en supplie, juste une dose !

Une nouvelle crise de tremblements incontrôlés la fit chuter et elle lâcha sa carte le l’homme, tombant à genoux contre le sol de pierre, où elle serra ses bras en croix contre elle, les mains sur ses épaules, toussant sa soie qui se déposait en brins brillants sur le devant de ses vêtements.
Manaë
avatar

Féminin Suivi : ,

Race : Araignée géante sous forme humaine
Statut : Urgentiste au Santuaire
Pims : 143
Notes : Dépendance au Feu Distillé

Seringues en réserve : 0
Messages : 94

Re: Une supplique tardive

le Mar 6 Juin - 23:44


La jeune femme m'agrippait de toutes ses forces, en me suppliant de lui vendre une dose de Feu Distillé, tout en se tordant de tremblements et de convulsions. Elle était extrêmement mal-en-point, et donnait l'impression que chaque force qu'elle dépensait, ne serait-ce pour bouger le petit doigt, était la dernière. Son état de santé m'inquiétait beaucoup plus que ses pims. Avec inquiétude, je lui disais :

- Je vous apporte ça tout de suite. Mais avant ça, asseyez-vous ici.

Je l'agrippais par le bras, refermais la porte et la déposais sur une chaise proche du comptoir. Je courais derrière celui-ci pour trouver la dose tant convoitée. J'apportais également une seringue pour réaliser l'injection. Je me dépêchais par peur de voir la demoiselle chuter de la chaise sur laquelle je l'avais déposé.

- Voilà le matériel nécessaire. Vous voulez que je vous fasse l'injection ? Vous n'êtes visiblement pas en état de la faire vous même...

Je commençais à remplir la seringue de Feu Distillé, en prenant soin de retirer toute bulle dans celle-ci. Je m'apprêtais à commencer l'injection sous-cutanée...




- Le gras, c'est la vie -Proverbe gallois
- Huit, ça suffit - Proverbe nain
- Si c'est bon, bah reprends-en - Proverbe à ma sauce Smile
Richye Erelm
Alchimiste
avatar

Avatar © : Christelle Ponche

Masculin Suivi : Description
Fiche de suivi

Titre : Artisan, Perçant, Curo, Sarkina, Incontrôlable

Race : Humain
Statut : Alchimiste de l'Entre-Monde
Pims : 313
Messages : 238
Titre débile : Le pourfendeur de chauve-souris

Re: Une supplique tardive

le Jeu 8 Juin - 10:18


Impuissante et usée aussi bien physiquement que mentalement, Manaë se laissa entraîner dans la Tour, montrant son désaccord par un vague frémissement suite au contact soudain de la peau froide de l'alchimiste, ce frémissement immédiatement étouffé par une crise de tremblements nerveux.

Essoufflée et perdue, elle leva à peine les yeux quand le jeune homme sortit chercher une des seringues. Dans le silence de la Tour, ses inspirations soudaines suites au crises de douleur et ses sanglots brisaient le calme ambiant.
Assisse sur la chaise, elle n'était plus qu'une poupée désarticulée à la merci de ses tremblements nerveux. Elle n'était même plus consciente de son entourage, son monde se réduisant à une tempête intérieure de chaleur, de douleur et d'envie.
Son cœur battait la chamade, sa peau la démangeait et sa bouche avait un goût acide et poisseux. Ses jambes tressautaient, et ses yeux tournaient lentement, cherchant désespérément un point d'accroche net dans cet univers brumeux.
Les quelques mots qu'elle arrivait à prononcer étaient incompréhensibles, noyés dans ses gémissements et ses lèvres engourdies.

Une petite douleur localisée fit tomber ses yeux sur son bras gauche. Une sensation familière. Une délivrante fraîcheur. Ses veines charriaient une glace divine.
Alors que son sang chargé d'anti-venin atteignait son cœur et préparait à distribuer sa délivrance, Manaë eut un infime instant de lucidité, et une horreur sans nom la frappa.
Elle avait un spectateur.

Et la fraîcheur et l'extase tant attendue se déversa dans intégralité de son corps, l'antitoxine irriguant le moindre capillaire de son système sanguin. Sa tête pencha lentement en arrière, ses yeux roulèrent sous ses paupières vacillantes, sa bouche frissonna alors que ses sanglots de douleur se muaient en quelques gémissements presque lascifs, entrecoupés d'une respiration saccadée. Ses épaules se tendirent et elle croisa ses bras contre sa poitrine, ses doigts écartés se pliants et se tendant par à-coups. Ses jambes rigides se serrèrent et la soulevèrent de l'assise de la chaise pendant un court instant.
L'esprit de la jeune femme quitta sa prison physique pendant un moment.

Et tout cessa. Et la béatitude fit par à une profonde honte, son cerveau rassasié lui rappelant que quelqu'un avait assisté à toute la scène. Son visage relâche prit progressivement un air de dégoût, et elle se laissa glisser lentement au sol, ses sanglots reprenant de plus belle et elle replia ses genoux contre sa poitrine, croisant ses bras sur ses jambes et posant son front contre le haut de ses cuisses. Elle pleura toutes les larmes qui lui restaient avant de prendre la parole d'une voix usée et fatiguée, gardant la même position prostrée, dos au comptoir.

°Je suis désolée, je suis désolée... Vous n'auriez pas du voir ça... Je suis pitoyable...

Elle se perdait en excuses et en critiques, se balançant très légèrement d'avant en arrière, comme pour se bercer elle-même.

Spoiler:
Je ne sais pas si c'est facile pour toi de travailler avec si peu de dialogue ? Si tu le souhaites, je peux allonger la dernière partie pour que tu ais un peu plus de matière. Ma pauvre Manaë a pour l'instant bien du mal à être sociable.
Manaë
avatar

Féminin Suivi : ,

Race : Araignée géante sous forme humaine
Statut : Urgentiste au Santuaire
Pims : 143
Notes : Dépendance au Feu Distillé

Seringues en réserve : 0
Messages : 94

Re: Une supplique tardive

le Sam 10 Juin - 13:33


L'injection eût sur elle l'effet d'une convulsion intense mais brève. Ses muscles se décontractèrent, et sa respiration se calma. Son état s'est stabilisé, ouf !

Quand elle revint pleinement à elle, et posa ses yeux sur moi, je la vis fondre en larmes, excuses, et critiques à sa propre encontre. Je ne savais plus où me mettre, embarrassé..

Je m'assieds à côté d'elle, posais ma main sur son bras et d'une voix calme et rassurante :

- Le plus important, c'est que vous alliez mieux. Mais surtout, n'attendez pas d'être dans cet état pour venir.

Je lui rendais également son badge :

- Ah... j'oubliais.... Voici votre badge PIM, je vous le rends. Je ne l'ai pas utilisé. Mais, s'il vous plaît, promettez moi juste de faire un peu plus attention la prochaine fois, d'accord ?

J'espérais simplement la réconforter par ces quelques mots.




- Le gras, c'est la vie -Proverbe gallois
- Huit, ça suffit - Proverbe nain
- Si c'est bon, bah reprends-en - Proverbe à ma sauce Smile
Richye Erelm
Alchimiste
avatar

Avatar © : Christelle Ponche

Masculin Suivi : Description
Fiche de suivi

Titre : Artisan, Perçant, Curo, Sarkina, Incontrôlable

Race : Humain
Statut : Alchimiste de l'Entre-Monde
Pims : 313
Messages : 238
Titre débile : Le pourfendeur de chauve-souris

Re: Une supplique tardive

le Mar 13 Juin - 22:40


Les mains de Manaë serrèrent le vêtement sombre alors que l'Alchimiste lui recommandait la prudence et une meilleure organisation. Elle releva sèchement son visage, les lèvres pincées et le regard dur.
Elle savait. Elle n'avait pas besoin qu'on lui rabâche son manque de vision ou sa condition.

Connaissait-il son histoire ? Non. Connaissait-il sa condition ? Non. Connaissait-il sa situation, actuelle comme générale ? Non plus. S'imaginait-il qu'elle avait le choix ? Où l'envie de se mettre dans cette situation ? Travaillait-il jusqu'à tard dans la nuit, rentrant de l'hopital pour retrouver sa fille endormie sous un plaid, devant la télévision à attendre une mère qui ne rentrait pas ? Et la quittait-il tôt le matin pour rejoindre son lieu de travail ? Devait-il cacher sa véritable nature auprès de sa propre progéniture qui avait son espèce en horreur ? Avait-il l'esprit empoisonné par les produits qu'il vendait lui-même ?

Toutes ces idées Manaë les garda pour elle, son regard courroucé fixé vers l'Alchimiste. Elle ne dit rien, pour la simple et bonne raison que, à l'instar de l'homme debout devant elle qui ignorait tout d'elle, elle n'avait pas la moindre information sur lui. Son histoire et sa situation, elle n'en connaissait rien. Et elle ne pouvait lui reprocher ces mots maladroits.
Cela ne l'empêcha pas de se sentir extrêmement insultée.

Elle serra la mâchoire, les tendons travaillant sous ses joues rougies par la précédente expérience, et inspira profondément avant de fermer les yeux et expirer lentement, pendant quelques instants. Sa colère diminua, et fut remplacée par de l'inquiétude. Progressivement, Manaë additionnait deux et deux. Il fallait désormais

> Merci. Pour ce que vous avez fait.

Elle afferma sa prise sur le tissu de sa cape et garda les yeux baissés, regardant ses pieds.

> Je ne pourrais jamais vous remercier suffisamment. Vous auriez pu claquer la porte devant mon état, et vous m'avez aidé.

Presque murmure désormais, la voix de la jeune femme ne charriait pas de colère, mais n'avait pas non plus de franche joie. Son éternel ton neutre, quoi qu’entrecoupé d'une respiration ralentie, avait repris le dessus. Ce ton s’accéléra tout de même quand elle aperçut l'heure sur l'une des horloges présentes. Il fallait qu'elle dorme un minimum avant de préparer sa journée et celle de sa fille, et même si elle n'habitait pas à l'autre bout de la ville, le quartier de Northrive était grand.
Elle se redressa en chancellant, son corps encore sous le coup du Feu Distillé, et tira sur ses habits pour les retendre.

> Je dois rentrer avant le lever du jour. Je sais que je ne peux compter que sur votre compréhension, mais pourriez-vous garder pour vous ce qu'il s'est passé cette nuit ? Je-Je vous rembourserais un jour le Feu et la gêne. Je repasserais et vous payerais. Je ne veux pas avoir une telle dette. S'il vous plaît.

Elle avait respuéré son badge, mais tenait quoiqu'il arrive à revenir. La générosité de l'Alchimiste la gênait grandement, et elle tenait à montrer une bien meilleure image d'elle que celle de la junkie en manque la nuit.
Manaë
avatar

Féminin Suivi : ,

Race : Araignée géante sous forme humaine
Statut : Urgentiste au Santuaire
Pims : 143
Notes : Dépendance au Feu Distillé

Seringues en réserve : 0
Messages : 94

Re: Une supplique tardive

le Sam 17 Juin - 14:09


Le regard qui me fut retourné était colérique, me montrant que mes gestes, mes mots n'eurent pas l'effets escompté, bien malgré moi. Ma maladresse n'a réussi qu'à attiser un feu qui se déversait par le regard de cette jeune femme.

Je croisais les doigts de mes mains sur mes genoux, toujours assis :

- Ahem...Pardon... Je... Si j'ai pu paraître désobligeant... de quelque manière... Veuillez m'excuser... Je... je m'inquiétais...

Ma gêne s'intensifia d'autant que ma maladresse. Mes idées partirent en décohérence. Qu'aurais-je pu dire ? Quels pouvaient être les mots qui auraient pu apaiser cette colère ?
Alors que toutes mes réflexions partaient vers un chaos sans fin, une voix me fit reprendre pied dans la réalité. Un "merci" qui, en une fraction, me réancra. Je balbutiais :

- Ce... ce n'est rien... Je l'aurais fait pour quiconque a besoin d'aide...

Je la vis soudain se lever, non sans mal, et me demandait si je pouvais garder secret les événements de cette soirée.

- Bien sûr. Je garderais ce secret. À vrai dire, je ne connais même pas votre nom...

Et à vrai dire, je n'avais pas donné le mien non plus...

- ... Erelm... Richye Erelm...

Elle me promis de revenir. J'avais espoir que les circonstances s'y prêteraient mieux.




- Le gras, c'est la vie -Proverbe gallois
- Huit, ça suffit - Proverbe nain
- Si c'est bon, bah reprends-en - Proverbe à ma sauce Smile
Richye Erelm
Alchimiste
avatar

Avatar © : Christelle Ponche

Masculin Suivi : Description
Fiche de suivi

Titre : Artisan, Perçant, Curo, Sarkina, Incontrôlable

Race : Humain
Statut : Alchimiste de l'Entre-Monde
Pims : 313
Messages : 238
Titre débile : Le pourfendeur de chauve-souris

Re: Une supplique tardive

le Mar 27 Juin - 19:02


Une fois encore, Manaë retint ses mots, même si ceux-ci étaient plus doux. Elle-même n'aurait pas hésité à claquer la porte au nez d'un inconnu à l'allure miséreuse réclamant un bien aussi brutalement qu'elle l'avait fait.
Elle ne mettrait pas en danger sa fille. Avec Magna à moins de quelques kilomètres, elle verrouillait à double tour la porte de sa maison.

Qu'il ait ouvert arrangeait grandement la jeune femme. Qu'il le fasse pour tous la rendait nerveuse quant à la survie du jeune homme.


Avec un dernier regard et une ultime inclinaison de remerciement, elle s'enfuit par la porte en serrant son bras plié contre elle. La douleur s'estompait peu à peu, mais la morsure gelée du Feu Distillé commençait à irradier à l'endroit de l'injection.

Elle disparut dans la nuit, aussi rapidement qu'elle était apparut dans la vie de l'Alchimiste, véritable fantôme nocturne.


~ Trois jours plus tard, en début d'après-midi ~


La jeune Li, cette fois propre sur elle et présentable, se repassait mentalement le discours qu'elle avait prévu de réciter au nouvel Alchimiste.
Elle était arrivé comme une furie, et était repartie comme une voleuse. Aussi voulait-elle faire amende honorable.
Et malheureusement pour elle, le mettre au courant de sa condition.

Elle préférait agir ainsi, et le plus tôt possible. Si elle voulait qu'il pose le moins de questions, autant le mettre dans la demi-vérité immédiatement.
Le semi-mensonge qu'elle répétait sans cesse était désormais une part d'elle même. Elle arriverait sans aucun doute à le convaincre lui aussi de la véracité de son histoire.

Déglutissant une nouvelle fois, elle inspira un grand coup et s'avança vers la porte de la Tour, porte qu'elle connaissait désormais sous ses moindre détails. A force de patienter devant depuis ces dernières années, elle avait fini par en apprendre le plus petit des détails.
Comme cette vis rouillée qui, par un miracle qu'elle ignorait, tenait encore à la charnière depuis plus de 2 ans.

S’apprêtant à frapper, elle vit que la porte était restée entrouverte. Regardant de tous les cotés, elle ne vit ni présence louche, ni message laissé sur le bois.
Ses réflexes de secouriste prirent automatiquement le dessus et elle s'avança dans le bâtiment, appelant calmement les résidents.

> Sieur Alchimiste ? Êtes-vous là ? Votre porte était laissée ouverte, est-ce que tout va bien ?

Spoiler:
Désolée pour cette attente interminable. Quand à la fin de mon post, si tu souhaites que je la modifie, aucun problème. Je ne voulais pas t'imposer de devoir descendre les marches pour les remonter immédiatement.
Manaë
avatar

Féminin Suivi : ,

Race : Araignée géante sous forme humaine
Statut : Urgentiste au Santuaire
Pims : 143
Notes : Dépendance au Feu Distillé

Seringues en réserve : 0
Messages : 94

Re: Une supplique tardive

le Mar 27 Juin - 23:46


En ce bel après-midi, et entre deux clients, je profitais d'un peu de temps libre pour m'occuper un peu des plantes de la serre. L'atmosphère y était douce et un peu humide, mais parfaite pour se détendre un peu. Et puis les plantes, elles ont juste besoin d'un peu d'attention, d'eau et de lumière, et elles nous offrent tous leurs bienfaits. Un cadre bien apaisant.

Mes divagations furent interrompues par une voix calme venant de l'entrée. Un nouveau client, les affaires reprennent ! je déposais mes gants et mes outils pour me présenter à mon client de l'instant.

J'arrive dans le labo, et tombe face à la jeune inconnue que j'ai retrouvé devant ma porte il y a de cela trois jours. Elle semblait bien avoir repris des forces depuis notre dernière rencontre, et s'inquiétait du fait que je laisse la porte entrouverte :

- Bonjour ! Oui tout va bien. Si je laisse la porte entrouverte, c'est parce que, généralement, les aventuriers qui viennent me demander des fournitures n'ont ni la politesse de sonner à la cloche devant, ni la délicatesse de tourner la poignée. En général, ils poussent la porte, au mieux à coup de pied, et tapent du poing sur le comptoir en tonnant à tout va, ce qui suffit généralement à m'alerter sur l'arrivée d'un client. Et je n'ai pas très envie de voir la porte dégondée sur le sol.

Je m'enquérais plutôt de son état de santé :

- Et vous ? Comment vous portez-vous ? Vous savez que vous m'avez fait une peur bleue ce soir là, tout de même. J'ai failli avoir une crise cardiaque.

Voyant qu'elle-même ne s'était pas décidée à agresser la porte comme l'aurait fait un client lambda, je m'adressais à elle avec calme et la plus grande sympathie, du genre de celle que je n'accorde pas à ceux qui entrent en essuyant leur bottes sur le bois de ma porte :

- Y-a-t'il quelque chose que je puisse faire pour vous aider ? J'allais me faire un peu de thé, vous en voulez une tasse ?

Spoiler:
Pas de soucis pour l'attente. Et la fin de ton post est parfaite, j'ai pu m'en arranger en écrivant que j'étais dans la serre




- Le gras, c'est la vie -Proverbe gallois
- Huit, ça suffit - Proverbe nain
- Si c'est bon, bah reprends-en - Proverbe à ma sauce Smile
Richye Erelm
Alchimiste
avatar

Avatar © : Christelle Ponche

Masculin Suivi : Description
Fiche de suivi

Titre : Artisan, Perçant, Curo, Sarkina, Incontrôlable

Race : Humain
Statut : Alchimiste de l'Entre-Monde
Pims : 313
Messages : 238
Titre débile : Le pourfendeur de chauve-souris

Re: Une supplique tardive


Contenu sponsorisé


Page 1 sur 2 1, 2  Suivant

- Sujets similaires