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Re: Le chemin détourné

le Sam 7 Nov - 21:40


Astrid était bien plus détendue maintenant, certes pas trop, juste assez car on ne sait jamais sur quel bougre on peut tomber dans ces faubourgs.

- Si je cherchais quelques gens de ce village tu aurais très facilement gagné ta pitance.

Amusée elle fouilla prestement les poches de son ceinturon. De la elle en sortit un morceau de papier chiffonné. Ce soldat là avait déjà bien servi, on voyait ça et là des taches d'encres et des traces de doigts... Une fois déplié, le parchemin révélait l'esquisse d'une carte du village. Cette esquisse représentait la partie sud. Pour l'atteindre il leur faudrait s'éloigner de ces quelques maisons, suivre les barrières, traverser un champs, éviter le chien d'une vieille concierge de profession et de passion, enfin, trouver ce qui leur semblerait être la demeure d'une famille de la Silnà.

Une seconde elle jeta un regard désespéré sur le mur près d'eux. La première lumière était à plus de vingt mètres. Sans étonnement, elle constata que le reste de la rue était dans le même état.

-Personne n'a entretenu les torches de cet endroit...L'ami, tu dois comprendre que plus il fait sombre et moins je vois.

Elle plaça la carte dans ses mains, confiant à cet inconnu l'avenir de sa mission du jour. Astrid n'était pas certaine d'atteindre son but. Au départ, oui, elle se sentait enthousiaste à l'idée de renouer avec une vieille famille encore intacte. Des transfuges pour lesquels l'aînée avait déjà un peu d'amour. Elle espérait pouvoir leur en donner plus si ces derniers lui ouvraient leur porte.

Ces pensées ne passèrent pas les intimes barrière de ses pensées. Si cet homme l'aidait dans ses recherches il mériterait son salaire. Si tous les deux ne trouvaient rien à la fin, elle reprendrait un autre chemin délaissé pour la journée.

-Je n'arrive pas à me faire à cette nuit sans fin, et toi ?
Astrid des Prédicains
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Re: Le chemin détourné

le Dim 8 Nov - 0:51


La chance décide finalement de me sourire ! En effet, la jeune femme sort une carte ! Enfin, un croquis..? Quoi qu'il en soit, un truc qui semble indiquer la position du machin qu'on cherche ! Les cartes, c'est pas si dur à lire, si elles sont bien faites ! C'est juste un dessin de l'endroit où on est, donc ça, je m'en sort assez pour pouvoir être utile. Elle m'explique, après avoir un peu observer les alentours, que plus il fait noir, moins sa vision est bonne, ce qui est le contraire pour moi. Cette jeune femme est bien tombé et moi aussi ! Après m'avoir expliqué son problème, elle place la carte dans mes mains. Je l'observe plus en détail, prenant un certain temps avant de m'y repérer. Sans quitter le papier des yeux, je reste attentif à ses mots.

>> Je n'arrive pas à me faire à cette nuit sans fin, et toi ?
>> Bah, à part que je me les cailles et que j'ai encore plus de mal à trouver de quoi me nourrir que quand il faisait jour, ça va. Le plus je-suis-un-teletubbies étant que les prédateurs sont trop nombreux en forêt, ça me force à aller vers les villes et les villages pour dormir.


Je suis du regard différents itinéraires jusqu'à en trouver un qui ne nous mène pas au mauvais endroit puis relève enfin le visage vers la Astrid, souriant. Je pose un doigt sur la position où nous nous trouvons sur la carte, la penchant un peu pour qu'elle puisse voir.

>> C'est pas un itinéraire facile, mais c'est le seul qui convienne réellement. Par contre...

Je grimace légèrement ... Ce que je vais l'annoncer ne va pas lui plaire et je comprends parfaitement ! A sa place, je serais plus que réticent !

>> Étant donné l'état de ta vision, il va falloir que tu me fasse confiance pour ce trajet. Si ça peut t'aider un peu, sache que cette confiance est temporaire, le temps du trajet, et que j'aurais tout à perdre à te faire un coup bas, je crève trop de faim pour risquer de perdre toute chance d'avoir ma récompense.

Retour de la franchise pur et simple. Qu'elle se le tienne pour dit, moi je pris juste pour que ça suffise. Car si elle se méfie trop de moi sur le chemin, ça risque de compliquer les choses. Je la considère comme aveuglée par la nuit, donc je me prépare à devoir guider ses pas en cas d'obstacles.


Sasu Taniel
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Re: Le chemin détourné

le Jeu 12 Nov - 22:22


Nul n'aurait douté de la prédicaine, surtout pas si la question sous entendait de faire confiance à une personne, ou non. Elle porta sa main au bras de son nouvel ami.

-J'ai confiance en toi l'ami.

La confiance ne se donne qu'une seule fois. Qui peut se vanter de faire confiance deux fois de la même façon. Les mortels n'oublient pas, c'est ce qui les différencie des animaux. Cette mémoire est une fardeau et une arme, elle leur permet de faire la différence entre le bon grain et l'ivraie, entre la pomme et le ver.

Sous sa main, elle senti le muscle et la chair en vie. Elle su que sa vie serait difficile à défendre s'il n'était qu'un voyou dissimulé. Un voyou, même affamé, reste un voyou.

-Quand tu te sentiras toi aussi confiance, je te serais reconnaissante de me dire ton nom. Ou bien t'appelles-tu "l'ami" ?

Tout en lui faisant la conversation, ils faisaient leur chemin. Passant devant quelques demeures minuscules, serrées les unes aux autres elles se tenaient chaud. Pour l'aînée qui toute sa vie avait vécu dans l'intérieur chauffé et rassurant des pierres de la citadelle, ces petites chaumières de bois et d'argile lui donnait une impression de fragilité. Qui pouvait aimer vivre là-dedans ?

-Mais dis-moi, tu sembles jeune et ta force est intacte, pourquoi t'est-il si dur de trouver de quoi te nourrir et te réchauffer pour cet hiver... Particulier ?

Elle sous entendait bien sûr que le vagabond n'en était pas à sa première saison froide passée dehors. Celle-ci était plus rude que les autres mais non loin différente.
Astrid des Prédicains
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Re: Le chemin détourné

le Sam 14 Nov - 12:19


Je sens sa main se poser doucement sur mon bras, me figeant de surprise après un faible sursaut. Mon regard se dirige alors vers le sien et je reste incapable de prononcer le moindre mot, de lâcher le moindre son pendant un long moment.

>> J'ai confiance en toi l'ami.

Elle a confiance en moi ? Malgré les apparences ? Elle ne me soupçonne pas capable de duplicité ou de mensonge ? En un sens, elle a raison, je ne cherche pas le moins du monde à la tromper. Mais... Cela fait tellement longtemps qu'on ne m'a pas regardé comme un simple vagabond, qu'on ne m'a pas juger d'un simple regard, sans me laisser la moindre chance de démentir. Mais elle, elle se fie à mes paroles. Autre chose a su me surprendre dans ses propos. "L'ami" ? Depuis quand il existe dans l'univers des personnes capable de me nommer ainsi, moi ? Je n'en reviens pas. Ces paroles me semblent tellement irréelles ... J'en reste incapable de parler. Elle me demande ensuite d'une façon tout aussi surprenante mon nom, replaçant ce surnom que je ne comprends pas. Je la dévisage longuement, toujours aussi perdu et déstabilisé par ses paroles. J'essaie alors de définir si je peux ou non lui dire mon nom, étant donné que cela semblerait signifier pour elle que je lui fais confiance. Ce qui n'est pas le cas. Je suis incapable de faire confiance à quelqu'un. Je fini par lui céder mon nom, pensant que si elle le connait, elle cessera de me donner ce surnom si déstabilisant et incompréhensible. Cela me demande un certain effort, mais j'arrive à prononcer ma phrase.

>> Je... Mon nom est Sasu. Sasu Taniel.

Je pense que si je voulais lui cacher que je suis déstabilisé, c'est foutu !
Sur-ce, nous nous mettons en marche. Je ne regarde pas le paysage, concentré sur notre itinéraire. J'indique à Astrid quand tourner et de quel côté, ne lui parlant pas plus que ça. C'est finalement elle qui brise le silence pour entamer ce qui à l'air de se vouloir être une conversation. Elle me demande pourquoi j'ai tant de mal à m'équiper du nécessaire, d'habits et de nourriture, malgré que j'ai l'air jeune et doté d'une force intact. Je la regarde, un peu surpris. Force intact ? D'habitude, on me pense plutôt faible compte tenu de ma finesse proche de la maigreur. Enfin. Je reporte mon attention sur mon chemin tout en formulant une réponse calme, sans trop d’intonation particulière.

>> Avant que la guerre commence, je m'approchais pas trop des villes et des villages, sauf pour voler de la nourriture quand y'en avait plus assez en forêt. J'ai jamais vraiment chercher de confort et savait me contenter de ce que j'ai sur le dos. Mais là, toute lumière a disparue, y'a pas un jour de soleil pour me réchauffer un peut. La forêt est devenue dangereuse, hostile, et je me refuse à rejoindre les lieux d'hébergement des civils.

Quand j'y repense, il est vrai que jusqu'à présent je ne cherchais pas de chaleur, comme si je souhaitais inconsciemment mourir de froid dans mon sommeil. Quoi que je n'hésitais pas à squatter des terriers assez grands pour dormir, blotti contre des animaux qui ne se réveillait que la saison chaude revenue. Désormais, les animaux ne se laissent plus approcher, deviennent dangereux, j'imagine que la guerre les affectes également.


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Re: Le chemin détourné

le Mar 17 Nov - 21:07


Astrid avait-elle écrasée la queue du chat ? Dévisagée à chaque mot, elle tendait à croire qu’elle avait pris un ascendant désagréable pour lui. Une fois ses hésitations passées il réussit à se présenter assez pour convaincre la prédicaine qu’elle avait été trop familière. Mais elle était comme ça Astrid, une fois qu’elle se sentait en confiance elle ne pouvait retenir sa nature conciliante.

-Tu as eu raison de chercher un peu de sécurité en ville…La nuit s’allonge et les créatures que ne croisions que rarement sont devenues courantes dans les terres sauvages.

Comme elle ne voyait pas grand-chose, Astrid paria sur ses pieds. Ses yeux ne voyaient pas bien loin alors elle se contentait de poser ses godilles là où elles ne risquaient pas de glisser… Cet effort lui demandait déjà assez d’énergie et de concentration. Ils étaient presque arrivés à l’autre hameau quand elle reprit la conversation.

-Je crains que ta situation ne se prolonge un moment, cet hiver sans lumière ne fait que commencer.


Elle n’allait pas l’alarmer en le prévenant que ce serait encore pire dans quelques mois… La lumière absente, bientôt les signes les plus évidents de la mort de leur environnement vont se faire sentir. Puis les denrées seront encore plus rares, l’énergie concentrée sur l’état de guerre sera encore plus rationnée pour conserver un tant soit peu de leurs ressources alimentaires. Ensuite, Astrid ne le savait pas. Aussi fûtée qu’elle soit, elle ne voulait pas prévoir si loin.

-Que faisais-tu lorsque tu ne chassais pas en forêt ?

Autrefois, quand le soleil illuminait encore cette région... Peut-être devrait-elle songer à rentrer à la citadelle.

-Sommes-nous bientôt arrivés ?

En pensant à la chaleur qui manquait, Astrid souhaita trouver un coin de feu où elle pourrait se reposer. L’impatience la gagnait.
Astrid des Prédicains
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Re: Le chemin détourné

le Ven 20 Nov - 17:54


Je me concentrais principalement sur notre itinéraire. Je devais impérativement m'empêcher d'observer sa réaction. Je ne veux voir ni pitié, ni dégoût, ni méprit, ni rien, je ne veux pas voir de réaction, je ne veux pas savoir ce qu'elle en pense. Oui, je suis pauvre, oui j'ai une vie miséreuse, et alors, m'a-t-on laissé le choix ? Non. Tout cela a été décidé à la seconde où j'ai existé ! Le monde ne voulait pas de moi. J'espérais trouver asile en l'entre monde, mais je commence à croire que c'est l'univers qui renie mon existence. Il faut dire que je me suis pas mal isolé, que je ne veux rien entendre ! Mais je préfère ça que de nouvelles déceptions. J'ai eu ma dose à ce niveau, je n'en veux plus !

>> Tu as eu raison de chercher un peu de sécurité en ville…La nuit s’allonge et les créatures que ne croisions que rarement sont devenues courantes dans les terres sauvages.

Je me contente de hausser les épaules, mais elle ne le voit probablement pas. Je décide de rester silencieux, ne parlant que pour la prévenir d'un obstacle ou d'un tournant. Peut-être qu'ainsi elle comprendra que je ne suis pas très enclin à la conversation.
...
Mais non. La demoiselle doit probablement aimer discuter, car elle relance un sujet ! On était presque aux prochaines maisons, plus très loin, et elle se remettait à parler. J'hésite entre me taire pour bien lui faire comprendre que je ne veux pas parler ou lui répondre. Durant ma réflexion, son impatience intervient, la voilà qui me demande si on est bientôt arrivé. Quoi ? La demoiselle fatigue déjà ? Ou est-ce juste de l'impatience ? Peut-importe, j'en profite pour ne pas répondre à sa première question.

>> On est plus trop loin.

Je marche encore un peut, puis me dit que ça ne se fait pas de ne pas lui répondre comme ça. Elle s'est montrée plutôt gentille après tout, ce serait odieux de ma part d'agir comme si je la méprisais. Ainsi, je me décide à lui répondre.

>> Je faisais pas grand chose, hors de la chasse. Je me faisais chié, on peut dire. Je marchais, cherchais des coins pas trop inconfortable où dormir, de quoi m'occuper l'esprit.

Et je m'arrête là, car je ne vais pas lui sortir que j'allais parfois dans des villages pour dérober quelques objets sans forcément de valeur dont, la plus part du temps, je ne faisais strictement rien. Juste une manie, une envie plus forte que moi. Je me décide à me retourner vers elle et j'ai eu raison ! Son pied risquait de rencontrer un trou qui avait de forte chance de la faire tomber ! Avant que cela n'arrive je lui avait prit doucement le bras, histoire de ne pas l'effrayer, pour la décaler de deux pas du trou, puis je l'avais lâché, lui expliquant brièvement mon geste, avant de reprendre la marche qui devait nous mener vers la destination désirée. Une fois la marche reprise, je croise les bras pour essayer d'avoir un peu plus chaud.
HRP:
Pardon pour le temps de réponse ._.


Sasu Taniel
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Re: Le chemin détourné

le Mar 24 Nov - 15:26


Astrid se garda de commenter la vie de son camarade de marche. Elle était par trop concentrée sur son avancée. Le nez baissé vers ses pieds, la prédicaine se fit pourtant la réflexion que ce vagabond avait compris l'essentiel. Il menait une vie paisible avant la Nuit, certes peu honnête, mais simple. Une Nuit qu'il n'a pas demandée et qui l'affecte comme tous les autres.
Elle n'aurait jamais pensé voir leur guerre contre les dieux affecter autant de personnes si rapidement. Cela fait des millénaires que leur combat n'est plus un souci pour quiconque sur cette planète. La silnà elle-même en était réduite à n'être qu'un mythe.

Une lumière l'interpella. La pénombre ne lui permet pas de discerner les détails, cela n'affecte pourtant pas son acuité. Ses yeux d'aigles perçurent à plus d'un kilomètre la lanterne, isolée, pendant au bout d'un perron avancé.

-L'ami, je crois que nous sommes dans la bonne direction.

Elle pressa le pas pour dépasser le hameau et trouver une humble masure à peine illuminée par la lanterne. Un homme de l'épaule à la hanche recouvert d'une épaisse fourrure ocre les attendait. Dès qu'il vit Astrid il se leva et son regard accrocha interrogateur le compagnon de la prédicaine.

-Je te salue dit-il, je suis Nostar.

Il cacha son tiers, n'ajoutant pas un Nostar des errants à son nom.

-Je te salue, dit-elle à son tour. Laisse-moi te présenter mon guide. Il a eu la gentillesse de m'aider à trouver ta maison. Accepterais-tu de le récompenser avec un repas digne de son travail ?

L'homme ne se le fit pas dire deux fois, il ouvrit sa porte et dévoila une pièce unique d'un côté occupé par quelques lits suspendus les uns au dessus des autres, de l'autre un âtre ronflait et un fumet s'échappait d'un chaudron couvert, au centre une large table. Les fenêtres étaient calfeutrés par des peaux fixées au clou et les contours de la porte filtrait à peine l'air de la maison. Il y régnait l'odeur typique de la cuisine, Astrid su qu'un cuissot de sanglier cuisait en ce moment même dans les épices et le vin.

-J'espère que tu me pardonneras cette demeure simple et l'absence de ma famille.

Il n'était pas dupe, la prédicaine avait remarqué l'absence de la femme et des enfants de son frère. Cette méfiance envers elle était toute nouvelle, elle la mettait mal à l'aise. Cherchant un moyen de ne pas s'éterniser dans l'entrée, Astrid se rapprocha de lui et posa une main sur son épaule.

-Je comprends ta méfiance. Tu es tout excusé.

Puis une fois assise à l'extrémité de la table, elle invita Sasu à s'assoir près d'elle. Ce dernier devait comprendre que l'homme ici lui fournirait un repas chaud mais les deux membres de la Silnà ne discuteraient de leurs affaires que lorsqu'ils pourront le faire discrètement.

S'il n'y avait ses yeux, elle n'aurait pas remarqué la trappe dissimulée directement sous la table, juste sous ses pieds. Le garde manger est souvent conservé en sous-sol pour bénéficier du froid qui y règne, mais quelque chose lui disait qu'il y aurait plus que des jambons et des bocaux de légumes en dessous. Ils iraient y faire un tour plus tard.

-Sasu, nous allons commencer par nous réchauffer avec un bon repas. Si tu souhaites te reposer sens-toi à l'aise de dormir près de l'âtre.


Elle observa distraitement Nostar s'affairer devant le feu de cheminée.
Astrid des Prédicains
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Re: Le chemin détourné

le Mer 25 Nov - 20:02


Le silence ne me dérange pas plus que ça. Aucun commentaire, aucune réaction. Parfait. Je n'en voulait pas. Son absence de mot me convient et je m'en contente tout le reste du chemin. Au final, une lueur se laisse apercevoir. Je peux alors voir Astrid accélérer le pas et me cale immédiatement à son rythme. Nous nous avançons ainsi jusqu'à rencontrer un homme tenant une lanterne : la source de lumière. L'homme salut Astrid directement tandis qu'à moi, il ne fait que porter un regard empli d'interrogations et de méfiance. Je sais qu'en les temps qui courent et aussi par mon allure, je n'inspire de loin pas la confiance, cependant, je suis partisan de cette denrée rare que l'on appelle le respect. L'irrespectueux se présente sous le nom de Nostar et reçoit quelques explications d'Astrid, après des salutations tout aussi polie, concernant ma présence. Ne voulant pas m'abaisser au niveau d'impolitesse du monsieur, qui aurait au moins pu me parler directement pour savoir qui je suis et/ou ce que je fais en ces lieux, je lui sourit un salut d'un ton très respectueux et humble. De son côté, Astrid m'obtient un repas dans la demeure qu'elle cherchait, semblant très satisfaite de mon aide, ce qui me fait sourire avec plus de cœur qu'à l'habitude.
Nous entrons donc dans la maison. J'observe les yeux, silencieux, effacer. Je n'ai pas à me mêler de ses affaires ni à tenter de savoir ce qu'elle compte faire ou discuter ici. Je me contente de contempler l'endroit. Ce qui m'a tout de suite attiré, après l'odeur de la cuisine, c'était les lits et surtout les couvertures ! Ah ! Que je rêve de m'y blottir confortablement et de pouvoir, au moins une fois dans ma pitoyable existence, plonger dans un sommeil profond, sans crainte, sans angoisse aucune de ce qui pourrait se produire, de qui pourrait me chasser... Ah ... Que de rêve inatteignable, impossible pour l'indésiré que je suis. Je n'écoute pas Astrid discuter avec Nostar, trop pris dans mes délires de rêves impossibles et absurdes. J'en baisserais presque ma garde, et le réaliser ne fait que m'irriter contre ma propre personne. Quelle imprudence de se permettre de telles pensées idiotes et futiles au détriment de ma perpétuelle et naturelle, habituellement, méfiance ! Une fois mon calme retrouver -sa perte n'ayant pu apparaître aux yeux de personne-, je vois Astrid m'inviter à m'asseoir à ses côtés. Après une courte hésitation, je répond à la demande et m'assied, silencieux toujours.

>> Sasu, nous allons commencer par nous réchauffer avec un bon repas. Si tu souhaites te reposer sens-toi à l'aise de dormir près de l'âtre.

Je l'observe, toujours aussi déstabilisé par son incroyable bonté. Cela me fait tout de même sourire. Un sourire dont je cache l'amusement. Qui aurait cru qu'il existe dans l'univers des êtres, n'étant pas ou dans son cas ne semblant pas naïfs, capable de bonté envers un déchet tel que moi ? Car il faut le dire, en plus d'être indésirable, je ne suis pas d'une grande utilité pour les autres. Si on compte mes crimes, il n'y a franchement que peu à sauver chez moi, pour ne pas dire rien !
Malgré ses paroles, je ne suis pas à l'aise. J'aurais voulu me coucher près de l'âtre et dormir un peu... Mais je n'y arrive pas. En plus de ne pas être capable de confiance, même infime, je ne me sens pas à ma place. Cette récompense que j'ai pourtant demandée et obtenu peut-être justement me semble trop belle. Mais j'ai froid... J'ai l'impression de ne pas tant la mériter que ça, que tous mes malheurs avaient une raison. Mais j'ai froid et cette cheminée m'appelle presque.. Vais-je céder à l'égoïsme et devenir un profiteur...? Au vu de ma position sociale actuelle, je ne peux être que ça, un profiteur. Ainsi, je remercie Astrid et me lève pour rejoindre l'âtre le temps que le repas soit prêt. Si j'étais un peu habile de mes mains pour autre chose que voler et combattre, je proposerais volontiers mon aide à cet homme, histoire d'abaisser un peu sa méfiance. Mais je préfère passer pour un flemmard profiteur que de casser sa vaisselle. Au passage, j'observe Nostar qui n'est pas très loin, lui aussi devant la cheminée. Je m'assieds a distance respectable de lui, repliant mes jambes que je serre entre mes bras pour gagner un maximum de chaleur de mon propre corps en plus de celui des flammes. Une fois installé, je fixe mon regard sur l'élément ardent, me perdant à penser que je ne pensais pas éprouver une telle sensation une seconde de ma vie. La chaleur enveloppe mon corps faiblement vêtu, cette précieuse chaleur que j'avais désespéré de sentir. Et je me sens bien. Je perd à nouveau ma garde mais cette fois je ne le réalise pas dans l'immédiat. Je le réaliserais probablement plus tard et m'en maudirait grandement ! Mais pour le moment, je profite. Je fini par poser ma tête sur mes genoux et par fermer les yeux, restant attentif aux son.
Ma présence en ces lieux n'était pas prévue. J'imagine que cela peu déranger Nostar. Je décide donc de m'effacer au maximum, ne voulant surtout pas l'encombrer. Mon existence a déjà causer trop de tord au monde. Si je peux faire en sorte qu'au moins une personne ne soit pas trop encombrer du fait que j'existe, ce sera déjà ça de gagné.


Sasu Taniel
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Re: Le chemin détourné

le Ven 27 Nov - 17:01


Nostar déposa des couverts et des faillances ébréchées sur la table. Il sorti d'un sac une miche de pain à la croûte épaisse et légèrement trop cuite ; tout cela forma rapidement une table digne d'un repas. Il retourna s'affairer sur le sanglier qui cuisait et fit ainsi des allers et retours entre la table où Astrid méditait et l'âtre devant lequel Sasu patientait.
Une fois il s'assit et patienta en regardant ses mains. L'aînée avait immédiatement notée que cet homme était un fier membre de la Silnà, né sur ce sol pourtant.

Elle connaissait de nom ou d'yeux quelques clans de la Silnà encore vivant en dehors de la Citadelle, un vivant sur le sol de l'Entre-Monde était quelque chose de neuf. Elle aurait voulu le presser de questions, savoir s'ils sont nombreux, s'ils vivent bien, ce qu'ils ont gardé des coutumes ancestrales. Vénèrent-ils au moins l'Infini ? Toutes ces questions devront attendre un moment plus secret pour les poser et leur trouver des réponses.

-Tu sembles mener une vie paisible, je m'inquiétais, avant de te rencontrer, de découvrir que les conditions de ce monde ne te soient pas favorables. Je suis heureuse qu'il n'en est rien.

Le frère reconnaissant émit un soupire de soulagement. Il ne savait rien des difficultés de la Silnà hors des frontières, ici il était un apatride comme les autres ayant refait sa vie. Si seulement les choses étaient plus simples pour eux à l'extérieur des frontières.
Elle était malgré tout heureuse de trouver une famille de la Silnà qui vie dans de si bonnes conditions.

-Ce n'est pas difficile de vivre ici, la médecine est gratuite et il y a du travail pour tout le monde dur ou non… Mais c'était avant le conflit.

L'aînée acquiesça, sa famille et lui souffraient autant que les autres de cette nuit sans fin. Cela dit, elle espérait pouvait le questionner ouvertement sans trop attirer l'attention sur la naissance de ses enfants.

-Ainsi tes enfants sont heureux ? Il confirma cette hypothèse sur laquelle elle continua : c'est le plus important.

La conversation s'arrêta là, Nostar alla vérifier son sanglier. Il y avait tout un univers de sous-entendus et de non-dits dans cette phrase. Cet univers laissa une lourdeur inconnue dans l'atmosphère.

Le repas fut près en dis minutes, le temps pour le frère de diminuer le feu dans l'âtre et de découper un large morceau qu'il disposa dans un plat sur la table.
Il tendit le pain à Sasu et l'invita à le rompre, un signe d'amitié auquel Astrid ne s'attendit pas.

Pour détendre un peu tout le monde, Astrid commença la conversation du repas par un joyeux :

-Sasu est un genre de chasseur aussi, sûrement assez bon puisqu'il est toujours en vie.
Astrid des Prédicains
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Re: Le chemin détourné

le Sam 28 Nov - 18:59


Quand l'observation ne se fait pas que dans le regard, mais aussi dans les oreilles. Ainsi, ne pas écouter est dur ! Heureusement pour moi, je n'y comprend rien et ne cherche pas à y comprendre. Le peu de paroles que s'échangent ainsi Astrid et Nostar entre quelques allés retours de ce dernier me semble comme une langue étrangère tellement le fond m'est inconnu malgré le fait que la forme reste dite dans le même langage que celui que je comprend et parle. Je me contente de la solitude et continue d'effacer ma présence au maximum, ne quittant pas les flammes des yeux. Je n'ai plus aucune notion du temps lorsqu'on m'invite à rejoindre la table. Sans un mot je me lève et rejoins la table, toujours aussi discret. Je suis alors surpris de voir qu'on me tend le pain. Je souris légèrement et remercie Nostar avant de me servir. J'observe le morceau dans ma main, reposant la baguette là où il l'avait prise. Une autre surprise m'attend et cette fois-ci c'est Astrid qui la lance.

>> Sasu est un genre de chasseur aussi, sûrement assez bon puisqu'il est toujours en vie.

Je manque de m'étouffer en entendant mon nom déjà, puis la suite de sa phrase me fait presque rougir. Je m'efforce de rester droit et calme, grignotant mon morceau de pain à petites bouchées, sans trop savoir quoi dire. Au bout d'un court instant, sans trop laisser le temps à Nostar de réalise, je décide de rétablir un peu les choses, ou du moins essayer.

>> N’exagérons pas... Je fais juste de mon mieux pour survivre...

Quelque chose me dit que j'aurais dû me taire, au risque de donner l'impression de prendre part à une conversation dont je veux juste que le sujet change. Et puis, je n'ose pas lui dire que je n'aime pas particulièrement la chasse, je n'en use que dans le cas où il n'y a pas assez de fruits pour me nourrir convenablement. Je maudis les hivers pour ça... Mais autant me taire, s'ils savent que je suis un cœur si sensible, cela pourrait bien les faire rire. Je profite du repas, mon premier vrai repas depuis... Houa, j'ai arrêté de compter les années. Je fais mon possible pour rester calme et ne pas montrer à quel point je suis heureux d'un tel privilège. Tout en mangeant le plus proprement possible, n'ayant pas l'habitude de me servir des couverts, je reste attentif à ce qui m'entoure, soit Astrid et Nostar.


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Re: Le chemin détourné


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