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Le chemin détourné

le Lun 12 Oct - 15:45


Namusu était un petit village, un faubourg à l’extérieur des murs. Il y régnait comme dans tous ces endroits nichés en périphéries des centres une odeur et un climat particulier. Une singularité voulue quoiqu’un peu démesurée puisque la cité était elle-même immense et son excentricité suintait hors des remparts.
Qu’à cela ne tienne ! Astrid était par trop réfléchie pour s’arrêter à de simples constatations médiocres. Elle y entra sans crainte.

L’aînée des prédicains fit preuve de vigilance, ses yeux ne voyant pas très bien la nuit et l’absence de son ami lynx accroissaient son sentiment d’exposition, elle marchait prudemment, rasait les murs des maisons et s’arrêtait lorsque des bruits suspects trahissaient le silence de cette nuit éternelle.

Son regard d’aigle pourtant si doué de jour était un fardeau une fois la nuit tombée. Un fardeau pesant depuis son arrivée dans l’Entre-Monde. La nuit perpétuelle lui rendait la vie impossible. Astrid ne se serait pas lancée dans cette balade hors des murs si elle n’avait eu vent de la présence d’une vieille famille de sang mêlés dans les environs. Elle leur avait confié dans un courrier qu’elle souhaitait les rencontrer. L’aînée espérait que cette vieille famille puisse avoir gardé quelques trésors des anciens de la Silnà. Des indices, des récits, n’importe quelle matière serait la bienvenue. La connaissance de leurs ancêtres pourrait peut-être les sauver aujourd’hui.

Bien entendu, ce n’est qu’un éventuel « peut-être », rien de moins qu’une faible probabilité. Ses pensées progressivement moroses lui arrachèrent un sourire. Se moquant d’elle-même et de son esprit perméable aux humeurs de cette nuit sombre, elle se laissa aller à chuchoter pour se redonner du courage.

-Allons… Cela fait trop de peut-être pour une femme de ton intelligence.

Et Mahaut qui ne savait rien de sa promenade… Sortir des remparts en ce moment aurait mérité un mot à l’aîné des donjions et pourquoi pas un compagnon de son tiers. Car la nuit possède ses propres prédateurs. Son frère ne lui pardonnerait pas facilement s’il lui arrivait malheur aujourd’hui.
Astrid des Prédicains
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Re: Le chemin détourné

le Mer 21 Oct - 16:56


Cette nuit permanente et ce calme (enfin, quand des créatures sorti d'on ne sais où ne m'attaquent pas) commence à être d'un ennui véritable. Plus rien à voler, personne à taquiner. Mais surtout, plus de sécurité ! En un sens, je n'ai jamais vraiment été en sécurité nul part, je suis recherché après tout -même si apparemment, je ne suis pas trop connu ici, à croire que je suis le seul à venir d'Etbaliah-. Quoi qu'il en soit, maintenant que j'ai appris que nous sommes en guerre -quoi que, je dis nous mais cette histoire ne me concerne absolument pas !-, ça a compliqué ma situation. Je ne peux plus rester tranquillement en forêt ou en montagne, car il y a de redoutables prédateurs qui y rodent. Heureusement que je sais me battre et que je suis armé. Deux dagues, ça peu sembler insuffisant, mais quand on sait s'en servir, ça fait la différence ! Quoi qu'il en soit, le terrain étant devenu trop dangereux, j'ai dû me déplacer. Mais les villes sont devenues désertes. En un sens, ça fait que je n'ai pas besoin de me cacher dans les petites rues, je peux me déplacer sans craindre que la mal chance ne me fasse rencontrer quelqu'un connaissant mon visage et sa valeur. Quoi que, en un sens, la porte de sortie qui est refermée depuis plusieurs années et qui ne s'ouvrira peut-être jamais me rend peut-être libre. Même si on me trouve, à moins que ce fichu roi n'ai atterrit ici, je suis débarrassé de lui ! Cette pensée me rassure, certes. Mais elle n'enlève rien à mon ennui et surtout... Au fait que je crève la dalle ! Sérieusement, ça fait combien de temps déjà que j'ai rien avalé ? Heureusement que je résiste un peu au manque de nourriture, force de l'habitude, mais ma forme physique s'en fait sentir.

Enfin ... Mes pas, sans réels but, m'ont conduits dans un petit village, tout aussi désert que les autres. La population devait être réunie dans un endroit sûr j'imagine. Je me promenais donc, sans plus de méfiance quoi que le moindre son suspect retenait mon attention quelques secondes, le temps d'écarter la présence de danger, puis s'envolait. J'étais naturellement attentif à ce qui m'entourait, car la vie m'avait forgé ainsi, donc j'arrivais à être sur mes gardes sans en avoir l'air et même parfois sans en avoir réellement conscience. Quoi qu'il en soit, cette attention toute particulière, et imperceptible visuellement, car j'ai l'air de ne prêter attention à rien, me permet d'entendre une voix. Elle chuchote et je ne parvient pas à identifier ses mots, mais c'est la voix d'une femme. Intrigué et enthousiaste à l'idée de pouvoir m'amuser un peu. Je vais jusque là où il m'a semblé entendre la voix. Je fini par trouver une jeune femme qui semble sur ses gardes. Je me rapproche doucement, l'observant pour voir si elle possède quelque chose d'intéressant. Rien. Je soupire d'exaspération... Mais je crois que ça m'a fait repérer. Dans le doute, je décide de l'aborder. Au pire, je peux bien discuter un peu. Peut-être qu'elle peut m'apporter quelque chose. Comme à manger !

>> Salut toi ~

Je m'approche un peu et me poste devant elle, histoire de pouvoir l'observer un peu mieux. Elle semble habiller plus richement que moi. En un sens, un peu tout le monde est habillé plus richement que moi. Elle a aussi l'air.. Intelligente. Je suis sûr que c'est quelqu'un qui sait lire ça ! J'apprendrais surement des choses en lui parlant ! Finalement, cette rencontre peut être intéressante ~


Sasu Taniel
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Re: Le chemin détourné

le Mar 27 Oct - 15:45


L’inconnu détaché des ombres se fut comme s’il s’élançait vers elle, avec toute cette démesure qui règne dans l’obscurité. Astrid sursauta et d’un bond elle s’éloigna de lui. Une main sur le cœur l’autre sur une arme inexistante, elle rongea sa frustration en plissant les yeux. Comme ce serait bien si elle le voyait un peu mieux.
Son cerveau lui jouait des tours. Il imaginait le pire dans la situation la plus anodine. Astrid abaissa sa main, elle se ressaisie comme elle put et inclina légèrement le menton.

-Salutations.

Que dire de lui, elle n’en voyait quasiment rien. C’est qu’il se mettait sur son chemin en plus ! Rien pour arranger les battements fous de son palpitant. De ce qu’elle pouvait en voir, Astrid aurait parié sur un homme négligé, un vagabond ou un sans-abris.

En voilà un sujet qui lui fendait le cœur dans cette cité. Il y a de la place pour des millions d’âmes et pourtant pas assez pour les quelques centaines qui se trainent dehors par ce froid et cette nuit éternelle… Les Entre-Mondiens prouvaient une fois encore leur égoïsme, l’absence de leur sens civile. Ils ne vivent pas en communauté, ils vivent en masse, en paquet compacte. Uniformes, ils exclus l’insolite et le miséreux. Oui, ils doivent avoir honte d’eux.

Cet homme pouvait jouer, ou il était réellement amical… La prédicaine aurait volontiers vu de la gentillesse chez un frère même démunis comme il l’était. Mais chez l’Entre-Mondien, elle ne savait quoi en penser. Alors, elle ne modifia plus sa position.

-Je souhaite passer mon chemin et tu te trouves en plein milieu.
Astrid des Prédicains
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Re: Le chemin détourné

le Mar 27 Oct - 20:01


En lui adressant la parole, je m'attendais déjà à un refus de répondre, à une fuite ou une approche plutôt froide. Je m'étais préparé à un peu tout, habitué à un peu tout, surtout de ce qui est du côté hostile. La première chose que j'ai vu chez elle en m'approchant, c'est de l'angoisse. J'imagine que l'ambiance omniprésente de la guerre n'aide pas à se sentir rassuré. Personnellement, cela ne me rassure ni ne m'inquiète particulièrement. Enfin, je demeure inquiet de ne pas pouvoir manger... Et de mourir du froid ! Mais, au moins, dans ce monde personne ne semble me chercher ni me connaître.
Son angoisse passée ou masquée, elle m'apparaît droite, digne, franche. Mais.. Pas particulièrement froide. Elle ne semble pas me mépriser comme la plus part, ce qui, je dois l'avouer, m'a momentanément et très légèrement déstabilisé. Mais c'est très vite passé et les choses m'ont semblé revenir à la normal quand, toujours aussi digne, la jeune femme m'a signifier qu'elle désirait passé. Je sais que je suis au milieu de son chemin, c'est le but ! Alors je ne peux pas m'empêcher de sourire quand elle me le précise. Une rapide observation me permet de déduire la possibilité que sa vision nocturne ne soit pas aussi aboutie que la mienne, ce qui m'offre un avantage. Je ne compte rien lui faire, juste parler et éventuellement obtenir quelque chose d'elle. Mauvaise vision nocturne ou non, à moins qu'elle ne soit complètement aveugle, elle a dû deviné ma condition sociale à mon allure.

>> Quelle précipitation ! je souris. Tu ne veux pas m'accorder un peu de ton temps ? Une petite pitié pour un pauvre matou errant ?

J'emploie volontairement un langage plutôt soutenu, pour me mettre un peu à son niveau ou du moins lui prouver que je ne suis pas dépourvu de connaissance et de savoir-parler (même si la lecture, l'écriture et les mathématiques m'échappent complètement). Avant de la laisser répondre, je poursuit mon idée, me montrant toujours poli et amical.

>> Je te dérangerais pas longtemps. Pour tout te dire, je déteste mendier mais là... Je n'ai pas trop le choix. Les conditions sont difficiles, je suppose que tu le sait, alors avant de te demander quoi que ce soit, j'aimerais te poser une question et, en fonction de la réponse, te faire une proposition qui se voudrait honnête.

Je décide de proposer ce marché, car au vu de la guerre qui plane sur ce monde, je n'espère pas obtenir ce que je veux sans rien donner en échange. De plus, ce serait purement égoïste ! Bien que je n'ai pas de scrupule à me montrer égoïste, je me dis que me montrer plus... "généreux" avec les autres peu m'offrir une certaine sécurité. Ici, ma réputation de voleur, menteur, espion et assassin semble n'être connu ni soupçonné par personne ! Autant en profiter pour me faire quelques alliés, des personnes qui n'auraient pas trop mauvaise image de moi mais dont je n'attendrais aucune fidélité de leur part. Ainsi, je ne craindrais pas d'être trahis. C'est un mode de vie que je dois essayer d'instaurer, commençant par elle.

>> Voici ma question : as-tu bonne vision dans la nuit ?

J'en suis presque sûr : non. Mais il me faut confirmation pour aborder ma demande. Je garde mon air amical, plutôt sincère. Ce n'est pas parce que les autres me trahissent que je suis capable de trahison. Elle ne risque rien, sauf si elle tente quoi que ce soit contre moi.


Sasu Taniel
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Re: Le chemin détourné

le Mer 28 Oct - 11:23


Astrid n’aurait pas pensé qu’il lui poserait une telle question. Sa mauvaise vue ne pouvait être criante à ce point ?
Elle jeta un coup derrière son épaule comme pour chasser l’idée d’avoir marché comme une ivrogne depuis le départ… Elle ressentie pour la première fois une certaine honte pour ces yeux-machines.
Aussitôt pensée, aussitôt elle s’excusa devant l’Infini, ce cadeau qu’il lui avait fait ne pouvait être un mal.

Tout danger n’était pas écarté pour autant, le vagabond se lançait dans une discussion à laquelle elle n’était pas encore certaine de vouloir participer. Son calme à lui et sa distance à elle ne faisaient pas disparaitre la possibilité qu’il souhaite plus que parler avec elle.
Astrid était bien le genre de femme à accorder le bénéfice du doute à tout le monde, sa grande tolérance luttait contre l’angoisse montante de cette nuit sans fin. Elle apprécierait discuter avec lui en temps normal, mais les temps normaux se font rares ces derniers jours.

C’est très certainement à Elzear qu’elle doit cette prudence face aux étrangers. Lui qui avait vu tant de choses savait alors évaluer si l’opposant était un ennemi ou un ami ; un don qu’elle ne possédait pas en pareilles proportions.

-Non, ma vue est exécrable, s’entendit-elle répondre.

Elle sourit à ce mendiant, qui n’aimait pas mendier. Si par un sourire on pouvait désamorcer des guerres comme on désamorce des ennuis, leur vie ici serait tellement plus simple…

Elle se garda bien de lui faire savoir même par un sous-entendu que de jour elle voyait bien plus loin que n’importe qui. Ses yeux étaient aussi performants que ceux des aigles, plus le soleil est vif et mieux elle voit. Dommage qu’il fasse nuit, depuis des semaines.

Plus elle y pensait et plus son impression d'être prise au piège grandissait. Il pouvait s'agir d'un émissaire des Huits, d'un fanatique... Ou bien d'un simple affâmé. Qu'aurait-elle pu faire contre l'un de ceux là ? Prévenir Mahaut à l'avance de son départ aurait été une bien meilleure idée. Elle se serait sentie plus sereine et moins sujette à la paranoïa. Elle se jura que la prochaine fois, s'il y en a une, elle préparerait mieux son excursion.
Astrid des Prédicains
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Re: Le chemin détourné

le Jeu 29 Oct - 10:27


Je peux sentir à quel point elle n'est pas rassurée jusqu'ici, et je suis pourtant à une distance plutôt respectable ! Je dois cela à mon sens félin, sans doute. Quoi qu'il en soit, je reçoit sa réponse en m'empêchant au mieux de sourire, elle risquerait de croire que je suis mal intentionné alors que je veux juste un peu de nourriture ou un châle.
Je lui lance tout de même un petit sourire compréhensif. Si je ne sais pas ce que c'est de ne rien voir dans la nuit, je me doute que la sensation d'être pris au piège, de ne pas avoir d'issu ou de ne pouvoir prêter aisément sa confiance est quelque chose de lourd à supporter. Comme pour lui montrer que je ne compte rien lui faire, je lève les deux mains, comme le ferait un prisonnier qui se rend à la police, et énonce mon idée.

>> Tout d'abord, tu as parfaitement droit de refuser. Ça ne m'arrangerais pas, mais ça n'est pas ton problème.

Je sourit un peu plus devant le pathétique de ma situation. Mon premier contact en dehors de la mission que j'ai dû effectuer est établi pour mendier. J'ai honte de moi ! Il va falloir que je me ressaisisse à l'avenir.

>> Mais tu ne peux ni refuser ni accepter si tu ne sais pas de quoi il retourne, alors voilà ce que je te propose. Tu n'as pas bonne vision la nuit, exécrable même selon tes dires. Or, moi je vois impeccablement bien et j'ai faim et froid. Donc, dans l'idéal, je te proposerais de te raccompagné jusqu'à un endroit plus sûr, de ton choix. Et je te demanderais au minimum de m'indiquer un endroit où je pourrais trouver soit à manger, soir de quoi me couvrir, dans l'idéal toujours, les deux.

Une fois ma demande, ma proposition prononcée, je réalise à quel point elle est hasardeuse ! Non seulement j'ai un sens de l'orientation ou plutôt une connaissance des lieux plus que limitée, mais aussi rien ne m'indique qu'elle ne sache où je pourrais trouver ce que je cherche. Nous sommes en guerre contre des dieux ! Même si elle le savait, rien ne l'empêcherais de garder égoïstement ce savoir. Malgré tout, je garde un semblant d'espoir. Si on croise un chat, au pire, je lui demanderais le chemin. S'il reste des chats dans les rues...


Sasu Taniel
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Re: Le chemin détourné

le Ven 30 Oct - 14:56


Ce personnage provoquait chez Astrid autant de compassion que de consternation, elle fronçait les sourcils, puis elle souriait, ceci alternativement. Elle n’était pas encore habituée à ces caractères particuliers, ceux-là même qu’on marginalise et qui en deviennent un peu fou pour le commun des autres.

Tout en observant l’homme face à elle. Cette voix, peut-être était-il jeune, sa gorge n’était pas suffisamment usée par le temps. Mais qu’en savait-elle après tout, elle n’a presque jamais entendu parler de personne vraiment âgée.

-Qui commence une demande par une négation…

On ne perd pas facilement ses mauvaises habitudes quand son métier consiste, souvent, à donner des conseils avisés.

-Si tu as besoin de quelque chose, ne commence jamais par une négation même pour mettre à l’aise. Car j’ai su dès tes premiers mots que tu voulais quelque chose de moi, une chose peut-être difficile à te donner et dont l’échange n’était pas certain de m’intéresser.

De la nourriture, un abri, cela devenait une rareté qui s’obtient au prix fort. Astrid se mordit l’intérieur de la joue. Elle ne pouvait pas lui proposer Providence. Elle ne savait rien de lui et ce serait une énigme, qui sait, un danger supplémentaire pour ses frères et sœurs.

Malgré tout, elle lui tendit une main.

-Je me nomme Astrid, sers moi humblement et je t’apporterais ce que tu demandes.

Ce n’était pas le jour pour accepter un nouveau serviteur et Voger qui n’était pas là. Elle se maudirait plus tard, la proposition était faite. En face d’elle, un inconnu s’apprêtait à serrer sa main ou à l’ignorer.

La prédicaine se calma plus vite qu'elle ne l'aurait espéré. En son fort intérieur elle se rendait compte qu'elle pourrait très bien s'en sortir dans n'importe qu'elle situation aujourd'hui. L'Infini ne veille-t-il pas sur eux tous ?
Il l'avait dotée d'une condition physique souple et pratique, d'un esprit vif et tolérant. Ses armes étaient idéales lors d'une nuit éternelle.
Astrid des Prédicains
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Re: Le chemin détourné

le Dim 1 Nov - 20:44


Elle m'observe. Du moins, elle essaie. L'obscurité ne l'aide pas. Face à un ennemi, quelqu'un que je voudrais mépriser, à qui je voudrais du mal, cela m'arrangerait. Mais là, je veux la mettre en confiance. J'ai réellement besoin de son aide et je ne veux pas qu'elle ait à se méfier de moi. Bien sûr, je la comprends. Moi-même je ne peux prêter ma confiance à quelqu'un qui débarque comme ça. Mais dans mon cas c'est un peu particulier, vu que je ne fais plus confiance à n'importe quel être. A partir du moment où on sait parler, on sait mentir.
Sa réponse vient enfin. Elle commence par ce qui s'apparente à un conseil : ne jamais commencer une demande par une négation. Personnellement, je pense que dire à la personne qu'elle est en droit de refuser est une bonne chose. Il existe des gens trop gentils qui ne savent pas dire non. Leur dire qu'ils en ont le droit leur offre une possibilité d'être franc et de ne pas avoir à se forcer à dire "oui". Et puis, ce qu'elle dit est exact. J'attendais quelque chose d'elle, à quoi bon le lui cacher ? Je ne suis pas de ces personnes qui parlent aux autres pour se socialiser ! Alors, autant qu'elle sache d'emblée à quoi s'en tenir. Et oui, l'échange peu lui sembler inintéressant pour elle, je ne vais pas lui mentir et broder une jolie demande pour que ça semble équitable alors que ça ne l'est tout simplement pas.
Avec tout ça, je m'attendais plutôt à un refus de sa part. Mais non. Elle tend la main vers moi et se présente sous le nom d'Astrid, poursuivant en m'indiquant qu'elle allait m'apporter ce que je demandais. Ma surprise s'affiche alors sur mon visage de façon tellement voyante que j'en suis réjouis qu'elle n'y voit rien ! Je regarde sa main, hésitant. Se serrer la main peu avoir deux significations : un simple salut cordial et polit ou un accord. Là, je pense que ce geste signifierais les deux. Cependant, cela m'intrigue qu'elle accepte comme ça en dépit de toute la méfiance qu'elle semble avoir. Je réalise alors que j'attends d'une personne en qui je n'ai absolument pas confiance -au même titre qu n'importe quel individu existant ici ou ailleurs- de me trouver à manger et/ou de quoi me couvrir. Je regarde alors sa main, hésitant. Est-ce que je suis certain de pouvoir accepter ça ? Que veut-elle dire par m'apporter ce que je demande. Va-t-elle m'indiquer un coin accueillant ou me garder chez elle (ce dont je doute énormément !) ? Est-ce que cette acceptation presque trop facile cache quelque chose ou est-ce que je suis juste un gros paranoïaque ? Dans le doute, je me dis que ce geste ne défini rien. Je verrais son offre et choisirai de ce que j'en ferais. Mais je ne me rétracte pas sur le fait que je compte l'accompagner. Je dois toujours donner une impression relativement bonne de ma personne.
Je serre légèrement sa main.

>> Merci. Où dois-je te conduire ?

Je lui sourit amicalement, même si elle ne peu distinguer visuellement ce sourire, elle peut le sentir dans ma voix. Je lâche ensuite sa main, pensant que le contact physique peu ne pas la mettre très à l'aise étant donné qu'elle est en position d'infériorité avec l'obscurité constante. Ce que je peux comprendre.


Sasu Taniel
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Re: Le chemin détourné

le Ven 6 Nov - 15:42


Astrid savait déclencher de la surprise quand elle en avait besoin. Il s'agit d'une inflexion extérieure pour pousser l'autre à se dévoiler, à révéler ses véritables intentions. S'il avait eu de mauvaises intention même dans la pénombre elles auraient été visibles sur son visage à l'instant même où Astrid lui aurait reproché sa délicatesse...

Elle sentie aussitôt la tendance s’inverser, la prédicaine su repérer cette seconde d'inflexion où de prédateur nocturne le jeune homme se mua en humain. Il devenait possible de discuter avec lui car dans l’homme il existe les doutes, les questions et les opinions. Elle avait initié chez lui une contestation intérieure, il avait baissé sa garde à son tour, ils pouvaient se serrer la main sans crainte. Enfin, l’autre n'était pas encore prêt à se présenter. Prudence est de mise avec ceux qui veulent pas donner leur nom.

- L’ami je dois trouver des gens qui vivent non loin. Mon messager m’a assurer avoir trouvé leur maison dans ce village. Mais ce messager ne sait pas se repérer sur une carte alors...


D'un regard au delà de ses cils clairs, Astrid marqua une pause. Elle ne pouvait nier qu'un messager qui ne sait ni lire ni écrire avait quelques handicaps compliqués pour sa profession. Comme un scribe aveugle ou paralysé.

- Aide moi à me repérer, décris-moi l’endroit. Connais-tu une demeure où les habitants prennent soin de ne pas se mélanger avec le reste du village ?

Tout n'était que supposition sur ce qui lui semblait être là manière de vivre normale d’une famille entière de la Silnà. Sa vu extérieure n'était pas la seule à être biaisée.

- Il se peut que je me trompe aussi…
Astrid des Prédicains
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Re: Le chemin détourné

le Ven 6 Nov - 19:59


Je l'observe, l'écoute, toujours très attentif. J'essaie de déceler un quelconque piège. Qu'elle me cède ainsi ce que je demande... Vient alors sa demande à elle. Je ne saisi pas absolument tout, mais elle me parle d'un messager ne sachant pas lire une carte qui lui aurait indiqué un endroit, une demeure où des habitants ne se mêleraient plus aux autres, où ils s'isoleraient du reste du village. Je suppose que cela serait alors dû à la guerre divine qui plane sur nous. Elle me demande ainsi de lui décrire l'endroit. Premièrement, je trouve sa requête un peu vague. Décrire l'endroit ? Décrire le bâtiment même dont elle parle ou un quartier où cette demeure se situerait ? Ou bien encore, tout le village ou ce que j'en connais ?
Je prend un instant pour considérer pleinement sa demande et réfléchir. Étant donné que je ne voit pas de quel bâtiment elle parle, je peux décrire le peu que je connais du village. Je réalise encore plus à quel point ma proposition était inéquitable ! Ainsi, je choisi de prendre le temps. Je prends le temps de réfléchir aux endroits que j'ai vu, aux endroits dont je suppose qu'ils pourraient correspondre à la description qu'elle a reçu (description se résumant apparemment à "une maison dans ce village"....). Cependant, je suis déterminé à faire de mon mieux pour l'aider ! Je tiens à recevoir ma nourriture moi ! Et puis, n'était plus un criminel, ou du moins n'exerçant plus le métier d'assassin, je peux bien me montrer serviable, non ? Puis, c'est pas comme si j'avais des raisons de la tuer, elle.
Enfin, elle en vient à supposer qu'il y ai possibilité qu'elle fasse erreur... Ce qui m'enfonce encore plus ! Comment je peux l'aider avec une connaissance aussi minime des lieux et une source qui n'est même pas fiable ? Je ne peux pas me permettre de lui dire que je ne peux pas l'aider, car c'est mon repas qu'est en jeux ! Oui j'ai faim et en plus je me les gèles! Ça me saoule d'admettre ça, mais j'ai besoin de ce qu'elle peut m'offrir et le seul moyen est de réussir à l'aider !

Je prend trop de temps, il faut que je parle, que je dise un truc qui réponde un minimum à ses attentes... Une question. C'est tout ce que je trouve pour me sauver. Lui poser une question, demander des précisions. Après réflexion, c'est ce qui me semble le plus logique et le plus intelligent à faire. Ainsi, je formule ma phrase.

>> Tu n'as pas eu d'indication supplémentaires, un indice moindre qui pourrait nous éclairer un peu plus ? Car une maison de ce village qui abrite des gens, ça aide pas vraiment.

Je lui sourit légèrement, ayant toujours envie de me montrer sympathique avec elle. En y repensant... Maintenant que je ne suis plus dans un monde où tout le monde veut ma peau sans se poser de question sur le fait qu'un gamin de 17 ans (l'âge que j'avais quand j'ai quitté mon monde) soit recherché pour presque la moitié de l'or du monde ! Enfin, justement, tout ça, c'est derrière moi jusqu'à ce que je croise quelqu'un d'Etbaliah, ce qui ne semble pas près d'arriver. Donc, je peux être moi ? Tout en restant un voleur... Bah oui, ça, c'est plus fort que moi !


Sasu Taniel
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Re: Le chemin détourné


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