Une taverne nocturne, du vin et une lampe

le Mer 29 Juil - 14:30


Il y a et il y aura toujours des tavernes ouvertes. Ordae avait son charme, indécelable, même pour Astrid. C’est exactement pour cette raison que Voger l’y emmena. Il souhaitait lui proposer une boisson chaude dans un endroit familier.
L’environnement puant et le mode de vie emprunt de cynisme des gens du quartier firent croire à l’Aînée que Voger avait un bien piètre opinion de la Citadelle… Il n’y a pourtant jamais mis les pieds !
Comme il lui était aisé de se diriger dans les ruelles, elle finit par s’apercevoir que ce quartier lui était familier, à lui. Le félin sentait les odeurs, reniflait les ombres avant de s’engager sur les chemins du faubourg.

– Je t’en prie, moins vite, je vois très mal dans le noir !
– Dans ce cas, ne regarde pas et suis-moi.

Voger avait très vite compris que le terme « serviteur » n’était pas totalement péjoratif. Il servait l’aînée des prédicains et c’était mieux que de se faire nommer impie, étranger ou par des noms d’oiseaux. Il ne s’énervait plus quand un frère venait lui parler. Il ne s’énervait plus autant qu’avant…

Pour garder son calme il avait besoin de quitter l’auberge et il n’avait pas l’intention de se promener en laissant Astrid seule. Il l’aimait bien cette Astrid aux yeux noirs, il aimait beaucoup moins tous ces frères et sœurs dont il ne savait rien. Sa confiance se limitait à un seul individu. Il l’entrainait à l’autre bout de la ville.

Astrid croyait le voir fuir l’Auberge, il avait besoin d’espace ou de changer de décor, mais il ne fuyait pas. Sa démarche déformée par ses « genoux » inversés, le félin avançait puis reculait. Il observait l’allure de l’aînée aussi bien que la manière dont elle lui faisait confiance. Astrid le trouva très malin d’agir ainsi.

Plus tard, tous les deux assis sur un banc, les tables sorties dans la rue, d’autres comme eux profitaient d’un vin chaud à la lueur des bougies. Voger grognement un peu quand une sphère lumineuse attirée par la flamme des bougies se collait à ses épaules.
Le feu-follet à l’intérieur devait aimer le reflet du feu sur la fourrure argentée du félin.

– Quelle satanée idée cette lampe ! Va-t-en ! Aller !

Il devait se saisir de l’objet avec ses paumes pour ne pas y planter ses griffes.
Le feu-follet n’avait pas eu son compte de voltige. Voger s’escrima avec lui deux longues minutes sans succès. Il se débarrassa de la lampe seulement après l’avoir menacé de la déchiqueter… Astrid l’observa sous le charme.
Là où tout le monde voyait la guerre, Astrid y trouvait enfin l’ouverture d’un dialogue avec les dieux. Une porte s’ouvrait. Pourrait-elle s’en saisir et obtenir aux siens de nouvelles conditions de vie ?
Astrid des Prédicains
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