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Re: Promesse

le Dim 21 Mai - 12:27


Il fallait être naïf pour le faire, mais Siothrún espérait vraiment que son pitoyable mensonge soit suffisant pour effacer son erreur. En étant autant pris au dépourvu par ses propres lèvres, ce qui l'avait conduit à paniquer puis à réfléchir plus vite que son cerveau atrophié aux relations humaines ne le pouvait, dont la maigre production l'avait néanmoins époustouflé - j'y suis arrivé, vraiment ? -, il se sentait rassuré de lui-même et soulagé, presque comme s'il était persuadé que son mensonge, ou du moins, sa fuite, avait fonctionné. Pourtant, il avait aussi remarqué le regard suspicieux du triton, visiblement pas si dupe, À croire qu'il avait si peur que cela ne fonctionnât pas qu'il préférait y croire aveuglément, dans une tactique d'auto-tromperie bien plus rassurante que la vérité. Quelle ironie : il pouvait tout voir sauf sa propre idiotie.

La réponse d'Atrya le fit se détourner de la baie vitrée qui laissait voir ces gros flocons, À sa remarque selon laquelle ils étaient "tous magnifiques", l'artiste ne put que sourire à nouveau sous le compliment - le triton lui en faisait presque trop, il n'était pas habitué et ses joues allaient finir par lui faire mal.
« La baleine. Parfait, se réjouit-il. »

Il savait très bien comment il allait la faire. Plus sombre, déjà, avec ce côté inquiétant mais mystique. Mais il n'eut pas le temps d'y repenser, de s'y plonger à nouveau, qu'Atrya ajoutait une remarque qui le fit rougir instantanément, du cou jusqu'aux oreilles. Son mensonge n'était pas si bien passé qu'il l'espérait, S'il comprenait bien le sous-entendu, il lui conseillait de regarder à nouveau au printemps. Bien sûr, cette remarque était suffisante pour qu'il le fît en temps voulu, mais à ce moment, elle le déstabilisait. Devait-il attendre le printemps pour peindre cette toile et la lui offrir ? Il ne saurait attendre si longtemps, et faire une telle chose reviendrait à appuyer le fait qu'il tentait bien de cacher quelque chose - or, il craignait cela plus que tout. Alors, il fut silencieux, totalement perdu ; le demi-dieu ne savait pas quoi répondre.

Heureusement, comme si quelque dieu avait pitié de lui, la serveuse arriva alors, munie de son sourire et des plats qu'ils avaient commandés.Pendant son passage, Siothrún l'observa, fuyant ainsi le regard de son compagnon, Elle leur souhaita un bon appétit avant de partir, eux la remercièrent, et il préféra porter ses yeux sur son assiette, pour fuir à nouveau. Et comme pour s'occuper les mains et l'esprit, le demi-dieu se servit un verre d'eau et en proposa au triton à qui il ne savait plus quoi dire, si non au risque de prononcer d'autres bêtises. Puisqu'il savait leur repas à peine commencé et un silence malvenu à ce moment-là, il valait mieux que ce soit lui qui commençât à parler. Néanmoins, peu sûr de lui et sachant qu'il allait quelque peu se répéter, il dit :

« Le tableau demande plus de temps que des croquis, mais j'espère qu'il vous plaira tout autant. »

Sans fixer son vis-à-vis, il souriait doucement et, prenant ses couverts, il ajouta :
« Bon appétit ! »
Siothrún Nolan
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Re: Promesse

le Lun 22 Mai - 15:58


Il ne su pas vraiment quoi dire de plus et le fait que Siothrun ne sache rien du monde extérieur le désolait toujours autant. Comme une boucle sans fin, sa cervelle de poisson en revint à cette histoire d’aller ailleurs. Et puis, Atrya ne savait pas grand-chose de la ville… Il eut brusquement une idée.

- Tu crois que nous pourrions faire un échange ? Aide-moi à apprendre de cette ville bizarre et en échange, dit-il avec le sourire, tu me laisses me débrouiller pour prévoir un voyage sous l’océan.

Tout à fait conscient que l’artiste refuserait par principe, il ajouta dans la précipitation :

- Mon monde me manque affreusement et je n’aurais pas le courage de m’y rendre sans me dégonfler. Je serais capable de ne pas revenir…

Oui, il faisait les yeux doux à son invité pour l’obliger à céder… Atrya n’était pas peu fier d’être le guérisseur de K’ouen. C’était aussi plutôt bien rémunéré, pour peu qu’il comprenne un jour à quoi sert réellement les pims. Mais surtout, il se sentait utile.

Malgré ça, il craignait de visiter son ancien foyer et de ne pas réussir à en revenir. Il pourrait tout abandonner, jusqu’à la gentillesse d’Ayame et de Siothrun. Ce serait malheureux.

L’excuse, à défaut d’être convaincante, était assez valable pour qu’il n’ait pas à se forcer pour jouer la tristesse.

- Tu n’auras rien à prévoir, s’expliquait-il en utilisant habilement son couteau. Je me charge de tout et je m’arrangerais pour que tu n’aies rien à faire sinon venir et profiter. Bon… Le risque c’est tout de même que tu ne veuilles pas repartir et nous serions bien embêtés tous les deux.

Il rit nerveusement entre deux bouchées.
Atrya Luyten
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Re: Promesse

le Sam 27 Mai - 0:12


Alors qu'il portait un morceau de son plat - qui était vraiment bon, il avait bien choisi - jusqu'à sa bouche, Atrya lui proposa un marché qui, s'il avait eu le contenu de sa fourchette en bouche, l'aurait à coup sûr étouffé. À la place, il se figea, la main en l'air, les yeux se fixèrent sur le visage du triton. Déjà, Siothrún n'avait pas besoin de procéder à un échange pour aider Atrya avec quoi que ce soit, il était capable de le faire en toute bonté d'âme et pour rendre service à un ami - il n'était pas expert en amitié mais il s'agissait d'une des bases qu'il connaissait. Ensuite, si, lorsqu'il promenait son regard sur le monde entier qui lui était inaccessible, il ressentait fortement cette envie d'y aller et de voir ce paysage de si près, et de pouvoir sentir l'atmosphère du lieu - il promenait son regard, pas son nez - néanmoins cette lubie disparaissait très vite quand il voyait la profusion de missions potentiellement très dangereuses et ayant toutes lieu dans la Zone Extérieure et qui ne tarissent jamais, lors de ses emprunts de livres. Si un village tout à fait sécurisé et une compagnie rassurante pouvaient finir par le convaincre, l'idée d'une étendue d'eau infinie et où personne ne pouvait vous entendre crier s'avérait plus dangereuse pour sa santé mentale.

Alors qu'il reposait sa fourchette et son contenu dans son assiette pour donner d'excellentes raisons de ne pas y aller à Atrya - il pouvait se montrer très imaginatif dans des situations pareilles -, le demi-dieu eut le bec cloué par la remarque empressée de son interlocuteur. À peine les mots furent-ils prononcés que leur effet fonctionna : Siothrún et son empathie ressentirent tristesse, compassion et affliction. Pourtant, la partie réflexive de son cerveau semblait consciente et alerte à la tactique de manipulation, mais il ne voyait que l'expression du K'an, qui partageait trop d'émotions pour que sa raison ne soit pas balancée aux oubliettes. Il venait de rencontrer une personne formidable, si gentille et douce, comme il n'en connaissait que très peu, qui le complimentait sur ses quelques œuvres et qu'il commençait à considérer comme un ami ; bien sûr qu'il était affecté par la perspective de ne plus le revoir. Mais d'un côté, Atrya parlait de l'Océan avec tant de nostalgie et de douleur que, peut-être, ce choix lui serait bénéfique - et le Souen ne pouvait l'empêcher d'être heureux. Sans savoir quoi dire dans l'immédiat, il lui offrit un pâle sourire attristé.

Atrya semblait tout à fait sûr de son projet, il le présentait déjà comme un futur voyage et non comme une simple idée. Peut-être y avait-il déjà songé et mis au point cette tactique de persuasion. Cette perspective ne rassurait pas du tout l'artiste.
Quand un court silence s'installa - le temps d'une bouchée - Siothrún en profita pour réfléchir à sa réponse. Il n'avait pas retouché à ses couverts depuis, sa crêpe était à peine entamée, le bout qu'il avait coupé refroidissait au bout de sa fourchette. N'étant pas sûr de sa voix, il but une gorgée de son verre avant de le reposer, et de le tourner nerveusement entre ses doigts.

« Vous savez, même si certaines choses vous retiennent ici, à la surface... Je vois bien que l'océan vous manque terriblement. »
Il fit une pause, repensant aux événements dans les rues de Cerclon, qui l'avaient autant chamboulé que le concerné. Gêné, il n'osait relever la tête et ses paroles étaient hésitantes.
« Ne vous méprenez pas, je n'aimerais pas... devoir vous dire adieu, non - mais, c'est... il soupira et reprit : si l'océan est le seul moyen pour vous d'être heureux... hé bien... »

Siothrún n'osait dire ces mots-là. Il avait abandonné son verre sur la table, ramenant ses deux mains sous la nappe pour se triturer les doigts : il était terriblement hésitant, ses mots en témoignait. Il avait peur de dire quelque chose qu'il ne fallait pas - même quand il avait l'impression que tout allait bien, il avait tendance à faire des erreurs. Inciter Atrya à retourner sous l'eau, si cela pouvait assurer son bonheur, lui semblait la réponse idéale - mais peut-être n'avait-il pas compris ce qu'on attendait véritablement de lui. Peut-être cherchait-il, au contraire, une personne prête à le convaincre de rester sur terre ? Tout à ses hésitations, le demi-dieu poursuivit sur un sujet dont il était sûr :

« Quant à moi... il se tut, le temps de se mordre la lèvre inférieure. Je-je ne suis peut-être pas le meilleur choix... Je veux dire : je ne suis pas bon nageur, je n'ai rien d'un aventurier... j-je ne vous connais que depuis... 3 jours et... Il eut un rire nerveux et, les joues un peu rouge, il rajouta : Je ne doute pas que... vous ayez... de vrais amis à qui demander. »
Siothrún Nolan
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Re: Promesse

le Lun 29 Mai - 14:17


Atrya était visible déçu, il ne put réprimer cette sensation de solitude et paru s'affaisser sous son poids tandis qu'il baissait les yeux vers son assiette.
Il voulait tellement y aller... Tout au fond une petite voix ténue lui disait qu'il manquait seulement de courage. Que ferait-il, que dirait-il même à ceux qui le verront revenir ? Il n'en savait rien. Je suis guérisseur de K'ouen, se dit-il et cette pensée chassée par une autre, il la trouva fluette, sans consistance. J'étais guérisseur de K'ouen...
Il ne se voyait pas reprendre une vie à retirer les parasites du ventre des raies et des baleines. Il ne s'imaginait pas retrouver ses anciens voisins, compagnons et amis, sans avoir autre chose à dire que ça.
Mais il pouvait revenir en visiteur. Y passer accompagné et se montrer fier de repartir travailler à la surface le coeur brisé d'abandonner son océan natal.

- Je comprends.

Il n'insisterait pas, il comprenait. Pour un poisson-ange, trois jours c'est toute une vie. C'est une aventure et des souvenirs impérissables. Mais pour un être humain ce n'était que trois jours parmi tant d'autres, dans le confort relatif d'un monde sans saveur et à l'odeur de brûlé qui vous pénètre chaque cellule.

- J'y retournerais seul alors. Peut-être.

Que pourrait-il ajouter d'autres ? Il reverrait son chez lui au travers des dessins de l'artiste-magicien et Atrya pouvait s'en contenter quelques temps.

Se sachant incapable d'y aller sans y être poussé par quelqu'un, il se convainc que ce n'était plus le moment d'y songer. Mais une question demeurait :

- Tu as un endroit où tu aimerais retourner ? Peut-être ailleurs ? Tu es né dans l'Entre-Monde ?


Incapable de filtrer le flot de questions venues des abysses de ses pensées, Atrya les débita à toute vitesse et sourit à la fin de ce monologue. Un bien maigre pardon alors qu'il venait, très certainement, de parler plus qu'une personne sensée ne le devrait.
Atrya Luyten
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Re: Promesse


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